Le regard acéré, jouant de ses lignes avec le soleil levant, la Lexus NX300h F Sport n’attend plus que moi pour partir en promenade. Clés en poche, je m’en approche. La calandre immense, les nervures et arrêtes qui en découpent la ligne, tout tend à donner à ce SUV haut de gamme une allure aussi féline qu’agressive. Mais je ne me laisse pas impressionner.
Sûr de moi, j’empoigne la clenche et pénètre dans la bête. La portière ne claque pas. Elle se ferme avec un bruit étouffé qui, à lui seul, laisse entendre que la qualité est là. Un rapide coup d’oeil à l’intérieur le confirme. En version F Sport, la Lexus est toute de cuir vêtue. Les lignes de couture rouges apparentes sur la planche de bord et ailleurs sont du plus bel effet. L’ensemble se montre très homogène et d’une grande classe.
Calé dans le siège enveloppant du Lexus NX300h, on se croit vite dans un cockpit. Les commandes sont nombreuses mais restent intuitives. Les bras et les mains trouvent vite leur place. Le bel écran dont est doté la Lexus se commande depuis un pad tactile, aussi réactif que pratique, placé juste à gauche du levier de vitesse.
Je prends le temps de regretter le design un peu vieillot du poste radio-cd (il faut bien trouver quelques défauts tout de même) avant de poser mon pied sur le frein et de me préparer à démarrer la voiture. J’appuie sur Start. Et là… Rien. La voiture ne s’ébroue pas. Le moteur ne rugit pas. Bienvenue dans le monde de l’hybride où le silence est d’or. A l’allumage, le moteur thermique laisse parler ces homologues électriques que personne n’entend. Il faut accélérer franchement ou dépasser le seuil des 40 km/h pour réentendre le bruit familier du moteur à explosion.
Pour profiter totalement de la technologie hybride, de sa très faible consommation (5l/100km) et de son silence ouaté, on préférera rester sur le mode éco de la boîte auto ou, au pire, en “drive” pour gagner en réactivité sans trop titiller la soif de carburant. Mais si l’on veut profiter en plein des 197cv théoriques de la voiture, mieux vaut passer en Sport voire Sport+. Une fois ces vitesses enclenchées, le NX300h laisse chanter sa voix rauque. Nerveux, il offre de franches accélérations et de très bonnes sensations. La tenue de route reste impeccable même quand on appuie un peu. Mais on appuiera finalement assez peu. D’abord parce que la boîte reste très élastique, ce qui donne parfois l’impression d’un léger retard de transmission. Mais aussi à cause de la consommation qui grimpe en flèche dès qu’on passe en mode “Sport+”. On peut facilement se rapprocher des 9l/100km. Au final, le NX version F Sport se contente de le paraître sans en avoir vraiment les caractéristiques. Et la présence des palettes au volant, totalement inutiles, n’y change rien. Mon SUV de luxe tend à défaillir un peu lorsque j’appuis sportivement sur l’accélérateur. Mon NX pourrait-il suivre le rythme des BMW X3 et Audi Q5 diesel qui constituent ses cibles privilégiées ? J’en doute.
Esthétiquement très réussi, à l’extérieur comme à l’intérieur, le Lexus NX 300h se montre très confortable à conduire. Le silence et la souplesse version hybride associé à la nervosité relative mais réelle de son côté thermique en font un SUV compact plutôt compétitif par rapport à ses concurrents.
Les plus :
J’ai aimé l’intérieur soigné, très élégant en version Sport. Le confort, sonore y compris, séduit. L’ergonomie de la planche de bord et la simplicité d’utilisation des commandes grâce au pad tactile facilite la vie. Surtout, le NX est un pur bonheur en ville.
Les moins :
On regrette la transmission un peu élastique et le manque de fougue.
Version testée : NX300h F Sport (55 890 euros)
Essai : Antoine Norman















