Après la Fiat 500 que l’on surnomme le « pot de yaourt« , place à la Fiat 500X. « C’est quoi cette bouteille de lait ? » pourriez-vous me demander. Ce n’est pas une Jeep. Du moins pour 10% de ses composants. Mais pour tout le reste, la nouvelle Fiat 500X partage bel et bien les pièces de sa cousine Jeep Renagade. Normal, c’est le premier bébé commun du nouveau groupe FCA (Fiat Chrysler automobiles).
Mais c’est surtout la voiture que Fiat espérait tant. Car depuis le succès de la petite 500 en 2007, ce n’était pas évident pour la marque italienne de se renouveler. De déclinaisons – Fiat 500L, Fiat 500 Trekking, Fiat 500 Living – en séries limitées de son pot de yaourt best-seller, Fiat était en panne. Pas un manque d’inspiration, plutôt une période de restriction. L’argent américain aidant, la Fabbrica Italiana Automobili Torino est de retour avec ce petit SUV de la taille et (approximativement) du prix d’un Renault Captur, Peugeot 2008 ou Nissan Juke.
Une auto chic
Attention, lorsqu’on s’assoit, la sellerie au style néo-rétro est bien ferme. Tout comme les petits appuie-tête ronds. Mais le crossover italien distille une ambiance plutôt sympathique grâce, notamment, à sa planche de bord agréable à l’oeil et personnalisable. Niveau finition, rien à redire : la qualité perçue est très flatteuse. L’habitabilité est totalement correcte. Les places arrière souffrent un peu du manque d’espace entre la tête et le toit. Quant à la capacité du coffre, elle reste en dessous de celle des ténors de la catégorie, avec 350 litres pouvant aller jusqu’à 1000 litres une fois la banquette rabattue. En comparaison, un Renault Captur plus petit annonce 377 litres, extensibles à 1194 litres.
Sur la route, j’ai apprécié la précision du train avant et la direction qui offre un bon ressenti. En sélectionnant le mode Sport sur la molette située à la base du levier de vitesses (trois modes Auto, Sport et All Weather), j’ai pu accélérer et dépasser les autos à ma guise.
Le petit pot de yaourt est donc devenu une grosse bouteille de lait qui donne envie de se désaltérer. Comme la Fiat 500X arrive sur un terrain très occupé, elle a appris la leçon et gommée les défauts de ses prédécesseurs. En améliorant la qualité de fabrication très passable d’un Captur, en latinisant le dessin mormon d’un 2008 et en effaçant l’effet tape-cul d’un Juke. Le résultat est franchement réussit. La ligne est cohérente, même si la ressemblance avec une 500 de base est plutôt discutable. Même constat dans l’habitacle avec une planche joliment cossue. Au volant aussi, l’effort des concepteurs de l’auto est louable. Le moteur 140ch diesel de notre essai a le bon goût de la discrétion, aidé par une boite automatique à 9 rapports d’origine ZF. Malheureusement, la monture s’en trouve alourdie par une transmission à quatre roues motrices, indissociable de ce moteur et pas vraiment indispensable si l’on ne souhaite pas jouer au taxi à l’Alpe D’Huez. Car non seulement le système 4×4 alourdit l’engin, mais la monte pneumatique de 18 pouces qui lui est accolée a un effet dévastateur sur les lombaires. Un gravillon produit l’effet d’un rocher lorsque l’on a le malheur de le chevaucher. En revanche, les autres blocs (essence et diesel) sont disponibles en deux roues motrices, avec des roues plus fines et beaucoup plus confortables.

Pour différencier les versions 120 ch 4×2 et 140 ch 4×4, il faut regarder la carrosserie : les modèles à transmission intégrale (ou à deux roues motrices et motricité renforcée) arborent des protections de bas de caisse noir mat et des sabots façon aluminium. Evidemment, les possibilités de personnalisation sont très nombreuses au catalogue alors qu’une gamme d’accessoires Mopar permet d’élargir le champ des possibles, avec notamment une série de jantes colorées.
C’est donc avec cette nouvelle auto que Fiat espère faire son retour dans la cour des grands vendeurs, avec des ambitions on ne peut plus belliqueuses, puisque les boss italiens espèrent devenir leader sur ce créneau déjà très occupé. Si l’auto a les qualités pour le devenir, et les tarifs (entre 16000 et 30000 euros comme ses copines), il reste un point d’interrogation. Les automobilistes retrouveront t-ils le réflexe Fiat ? Un réflexe oublié dans tous les segments, sauf celui du petit pot de yaourt.
Tarifs : à partir de 15990 euros
Consommation (réelle) : 7.5l/100km
Ma Fiat 500X à l’essai : 140 ch diesel 4×4






