« Crossoveriser ». C’est un verbe que Volvo aurait pu inventer. Pour se remettre au goût du jour, le spécialiste mondial du break « crossoverise » ces derniers. Autrement dit, le constructeur suédois devenu chinois, transforme ses berlines à gros coffre en simili 4×4. Une opération plus esthétique que chirurgicale entamée dès 1998 avec le Volvo V70. Cette année, c’est le Volvo V60 Cross Country qui s’y colle, de quoi fouetter quelques peu les ventes d’une auto qui sillonne les routes depuis 2010.

Essai break Volvo

Son look – On ne change pas un design suédois qui gagne. On le réhausse. Le break V60 a pris un peu plus de 6 cm et des boucliers en plastique tout autour, histoire de se donner une allure de gentleman farmer. Un look qui contraste d’ailleurs complètement avec l’habitacle où l’on s’éloigne de la ferme pour entrer dans un loft. La planche est bien taillée dans ce design scandinave que ne saurait renier Volvo, alliance de pureté et de high tech. Mais attention, si le dessin est techno comme cette petite console centrale flottante, paraissant posée dans le vide, les systèmes mutimédia le sont beaucoup moins. L’auto accuse ses cinq ans d’âge et se fait distancier par ses copines et concurrentes telle que la Volkwagen Passat alltrack ou la Peugeot 508 RXH . L’ergonomie n’est pas parfaite et le GPS n’est pas tactile. Fastidieux pour trouver son chemin.

Coffre – Seulement 430 litres pour le coffre. Décevant voire énervant pour un break de cette catégorie.

Finitions – La finition Summum (sellerie en cuir, airbags à gogo, autoradio « Volvo High Performance) ou la finition Xénium qui ajoute un toit ouvrant (3990 euros supplémentaires), la caméra de recul, les sièges chauffants…

Volvo V60 Cross Country

Sur la route – Si ce Volvo V60 Cross Country accuse les ans dans le domaine de la techno embarquée, il reste mécaniquement très pimpant. D’autant qu’il s’offre un tout nouveau moteur diesel, de 2L décliné en 150 et 190ch. Moderne, silencieux, il a tout ce qu’il faut, au moment où l’on en a besoin : du couple à bas régime et des accélérations au-delà. La douceur de ce moteur doit absolument être associée avec sa petite sœur de roulage : une boite auto 8 vitesses qui n’est pas, comme c’est la grande mode du moment, à double embrayage. Comme quoi, c’est parfois dans les vieux pots (d’échappement) qu’on fait les meilleurs boites. Malheureusement, pour rouler en mode 4×4 (si si, c’est possible), impossible d’adopter ce couple moteur boite épatant, il faut en repasser par un ancien bloc, de 190ch aussi, mais d’une cylindrée de 2,4l, avec un couple plus maousse encore, un peu plus bruyant en revanche.

Volvo V60 Cross Country

Côté finance – Attention, on n’est pas dans le low cost. La qualité suédoise se paie au tarif premium. Il faut compter 43 000 euros pour une version correctement équipée. C’est un peu moins cher que l’Audi A4 allroad, puisque la marque allemande est toujours championne du monde des options ultra chères. Mais attention à la VW Passat alltrack qui risque d’être dans les mêmes eaux tarifaires.

1 COMMENT

  1. Les breaks sont à la peine sur les gros marchés que sont la Chine et les Etats-Unis ou les gens veulent des SUV. Du coup, Volvo, comme VW et Audi, maquillent leurs breaks en, simili-SUV, histoire d’en vendre un peu plus;

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