Si l’idée d’une voiture autonome déplaît aux automobilistes, celle d’une moto autonome fait hurler les motards. Il faut dire qu’un deux roues qui se piloterait tout seul est aux antipodes des sensations recherchées : de l’adrénaline, des émotions, de la liberté, du plaisir. Pourtant, pour sauver des vies, et sans arriver à une autonomie complète, rien ne remplacera à terme la connectivité.
Car les deux-roues motorisés sont les premières victimes des accidents de la route. En 2014, les motards ont été 23 fois plus sujets aux accidents mortels de la route que les automobilistes. Forcément plus vulnérables puisque sans carrosserie et très « météo-sensibles » pour assurer leurs déplacements, les deux-roues motorisés ont fait l’objet de 3 mesures élaborées par le comité interministériel de sécurité routière la semaine passée. Dès les décrets publiés, le port de gants homologués sera obligatoire, comme le contrôle technique lors de la vente d’un deux-roues motorisé après 2 ans au compteur. Quant aux jeunes motards, ils devront attendre deux années après leur permis pour conduire une moto de plus de 56 CV.
Les motards en colère contre les nouvelles lois
Ces efforts de l’exécutif n’emballent pas la Fédération Française des Motards en Colère (FFMC) qui s’emballe d’ailleurs rarement lors d’un durcissement de la loi à leur encontre. Elle estime que tous les motards, ou presque, portent déjà des gants (à l’exception de certains urbains en scooter) et que la majorité des accidents impliquent des 2 roues de moins de 5 ans. Du coup, comme les motards, en colère ou pas, appliquent déjà ce que la future loi préconise, celle-ci ne devrait donc pas les gêner plus que cela. « La formation, la prévention et une meilleure interaction entre les automobilistes et les motos seraient des efforts plus porteurs » selon la FFMC. Une antienne entonnée par la fédé depuis qu’elle existe. Alors que le permis moto est déjà beaucoup plus difficile, et de bien meilleure qualité, que le permis auto. Quant à demander une « meilleure interaction » entre les automobilistes et les motards, ca ne coûte pas grand chose de demander, d’autant que ce type de mesure ne se décrète pas.
Les fabricants de motos en retard sur les constructeurs automobiles
Mais pendant que les motards râlent, et que le législateur légifère, les constructeurs s’en mêlent et se regroupent pour améliorer la sécurité. BMW, Honda et Yamaha concurrents hier sont aujourd’hui alliés pour développer la moto connectée. Certes, l’ABS, le contrôle de traction et les suspensions actives équipent déjà certains engins haut de gamme. Mais les trois mousquetaires veulent aller plus loin pour permettre à leurs motos de dialoguer entre elles, et avec les voitures, ennemies historiques des motards. Une excellente idée, puisque grâce à ces systèmes embarquées, les autos seraient averties de la présence d’un deux roues près d’elles. Mais pour y parvenir, les trois mousquetaires du guidon devront élargir leur consortium aux constructeurs automobiles, beaucoup plus à la pointe sur ces sujets.
Moto connectée : des systèmes e-call et des GPS intelligents
En attendant, ils souhaitent déjà développer entre eux ce type de dialogue d’une machine à l’autre et mettre en place des systèmes e-call qui permettent d’avertir les secours en cas d’accident et des GPS intelligents tenant compte de l’état de la circulation en temps réel. Bref, les fabricants de motos comptent bien rattraper leur retard sur les constructeurs automobiles dans ces domaines. Il est temps.




