Ma voiture n’est pas un simple déplaçoire. Elle vaut beaucoup mieux que cela. C’est une maison, avec ses recoins et ses fonctions. Une maison qui, en plus, m’emmène où je veux quand je veux.

Mon auto est une vraie salle de bains. Il est fréquent que je m’y maquille, que je m’y recoiffe, mais aussi que je m’y parfume, voire même que je m’y lave les mains (un grand merci aux inventeurs des lingettes ).

Ma voiture c’est mon bureau : j’y prends des notes, je téléphone, et organise des conf call. Mais oui, monsieur l’agent, je garde les mains sur le volant. Merci qui ? Merci Bluetooth. On vous a dis et répété qu’un trajet en voiture, c’est une plongée dans une boule de zenitude ? Mais c’est aussi une bonne façon de se rajouter un paquet de stress professionnel et d’hyperactivité.

Ma bagnole, c’est une cave, puisque je stocke dans mon coffre les affaires de poney de ma fille, le skate de mon loulou et les clubs de golf de ma tendre moitié.  En farfouillant bien, il est même probable qu’une paire de baskets traine dans l’habitacle, ainsi que des ballerines, toujours utiles quand je ne veux pas ruiner mes escarpins en conduisant. Et un spéléologue y trouvera forcément une pelle et un râteau abandonnés d’un retour de plage, il y a huit mois, un parapluie amputé de deux baleines, et de jetons de carwash inutilisables depuis le passage à l’euro.

Ma caisse, c’est ma cantine. J’y ai mangé tellement souvent, que je me demande si les constructeurs ne devraient pas réfléchir à une machine à café et un mini micro-ondes encastrés. J’ai toujours à portée de mains dans l’habitacle des chewing-gums, des bonbons, une bouteille d’eau. Et si j’évite le Maroilles, ce n’est que par égard envers mes passagers qui se succèdent dans ma cuisine roulante.

Ma carriole, c’est ma chambre. Il m’est arrivé d’y piquer un roupillon, enroulée dans le plaid tout doux qui traine sur la banquette arrière. Mais il m’est aussi arrivé d’y faire des galipettes. Et que celui qui n’a jamais profité d’une douce nuit et d’un chemin de terre en rentrant d’une soirée me jette la première couette. Quant à la pause pipi à l’abri d’une portière, c’est un exercice tout aussi universellement pratiqué.

Ma berline, c’est une boite de nuit. Car elle me permet de pousser le volume, de chanter faux, et même de me trémousser (en gardant les mains sur le volant, évidemment monsieur le policier. Et surtout, d’écouter de la mauvaise variété ou du rock poisseux, alors qu’à la maison, la vraie, entre amis, je ne passe que de Coltrane ou de Paolo Conté

Cette maison sur roulettes, je la dédicace à tous ceux qui ne voient dans une voiture qu’un tas de tôle destiné à relier un point A et un point B,  un engin polluant et accidentogène.  C’est un lieu de vie, et un confessionnal propice aux confidences. C’est un échappatoire aux engueulades et une bulle de relaxation qui nous permet de revenir revigoré à la maison. La vraie.

2 COMMENTS

  1. Dans ma voiture, il n’y a que l’essentiel…. les gants, la boîte d’ampoules, le carnet d’entretien dans la boîte à gants. Les papiers, lingettes mains dans le vide poche côté conducteur (toujours pratique pour ne pas trop se salir les mains à la station service ;)) et dans le coffre : gilet jaune, triangle de signalisation, trousse à pharmacie, câbles de démarrage, roue de secours, petit bidon d’huile et sacs de course! Je l’aime ma titine, elle est finalement à l’image d’une vraie mecagirl 😉

  2. Manque plus que le salon, avec un grand écran pour visionner des vidéos, tout en roulant !

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