La reine des compactes sportives s’offre une cure de jouvence avec un gain de puissance, un châssis sport affûté un différentiel à glissement limité.

Rester au top quand on accuse 5 ans d’âge. C’est le souci de la Renault Mégane RS 275 Trophy pour conserver le trône d’une catégorie à part : celle des tractions sportives. Alors les mages de Renault Sport se sont penchés sur elle. Et il y avait urgence : dans un autre royaume, en Allemagne, sur la boucle nord du circuit du Nürburgring, la Seat Leon Cupra et ses 280ch lui ont ravi la place. Pour faire face, ils se sont fendu d’une Megane RS 275 Trophy-R. Et le 15 mai dernier, la Française a récupéré son titre, battant l’espagnole de 4 longues secondes. C’est cette version, ou presque, que Renault diffuse en série limitée. Une limitation dans la durée, pas dans le nombre d’autos fabriquées, puisqu’elle ne sera disponible que jusqu’au mois de mars prochain. Evidemment, la Mégane RS 275 Trophy civile n’est pas tout à fait similaire à sa sœur recordwoman. Elle perd son « R » et, pour les besoins de la cause et de la course, cette dernière faisait l’impasse sur la banquette arrière, la clim et l’autoradio. Tout cela, l’auto de série l’intègre, en conservant quelques éléments de la bête du Nürburgring. Notamment son moteur de 275ch, soit 10 de plus que la RS de base.

Mégane RS 275 Trophy

Cette Trophy dispose également du châssis cup et, surtout d’un différentiel à glissement limité. Pour bien marquer sa différence, puisque ces dispositifs ne sautent pas aux yeux, cette RS dispose de jantes de 19 pouces et de bas de caisse spécifiques. Et puis, pour bien se faire remarquer, la ligne d’échappement laisse échapper un son plus grave que le modèle standard, avec de charmantes explosions à chaque lever de pied rapide. Ambiance sonore garantie. Comme est garantie l’ambiance sportive dans l’habitacle. Les deux baquets Recaro maintiennent parfaitement le conducteur et son passager avant, même s’ils font largement l’impasse sur le confort. S’il est acceptable sur un bitume de billard, il se dégrade franchement dès que la route se fait tortueuse. Et pas seulement à cause des baquets. Le châssis et les flancs minimalistes des pneus ne sont pas là pour jouer au tapis volant, mais pour coller l’auto à la route. Et ils y parviennent magnifiquement. Le plumage des trains roulants est à la hauteur du ramage du nouveau moteur. A condition d’enfoncer la petite touche « sport » cachée sur la planche de bord. Dès ce moment, le moteur passe de 250 à 275ch et le moteur cavale d’un virage à l’autre.

Mégane RS 275 Trophy

Mais attention, le différentiel à glissement limité provoque des effets de couple assez brutaux dans la direction et il convient de s’occuper sérieusement du volant. On est bel et bien à bord d’une RS, sans doute la meilleure jamais produite à ce jour, et pas dans un moyen de transport quelconque. Une auto qui réclame du doigté pour être soigneusement menée. Une auto qui réclame 38000 euros à qui veut l’acheter. Le prix à payer pour celle qui reste indétrônée.