Ma chronique Renault Koleos dans le Moniteur automobile

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Je vous livre ma chronique Renault Koleos que vous pouvez retrouver dans les pages du Moniteur automobile.

C’est son sourire narquois qui aurait dû me mettre sur la voie. « Tu as bien fait du grec ancien au lycée ? » m’a demandé le chef. Il m’a cueillie à froid, juste au retour des vacances, alors que j’avais encore du sable au fond du sac à main. Trois semaines loin du boss et tu perds tous tes repères, y compris ton radar à arnaques. « C’est pour ça que je t’ai choisi, car tes collègues sont plutôt du genre bac -12 ». L’arbre de la vile flatterie qui cache la forêt de l’embrouille. Et moi qui tombe dans le panneau à pieds joints. C’est dans les oreilles que j’avais du sable, pas seulement dans mon sac.

C’est quand il m’a tendu les clés du Renault Koleos que j’ai enfin retrouvé mes esprits. Et c’est quand je l’ai vu, que mon esprit d’analyse toujours au top de la vigilance prêt à débusquer la moindre faille s’est remis en marche. Comment ça, je m’auto-flatte ? « C’est en ayant une haute estime de soi que vous serez la mieux armée pour affronter une nouvelle année de boulot », m’a expliqué Vishnoulapaix mon maître Yogi pendant son stage estival. En inspectant le nouveau grand SUV Renault, je lui ai surtout trouvé un air de Kadjar break. C’est sûr qu’ainsi baptisé, il n’aurait pas cartonné. Le cousin Nissan, qui a bricolé la même opération avec son Qashqaï l’a bien rebaptisé X-Trail. Alors, dans les bureaux du losange, on a cherché un nom pour le nouveau bébé. Et Koleos a été tiré du chapeau. Un nom qui ne sort pas de la stratosphère puisque c’est celui d’un précédent crossover qui a sévi pendant neuf ans. Sauf qu’il n’est pas anodin et ne trimballe pas une image de légende, n’est pas Ferrari California qui veut. C’est que Koleos premier n’avait pas une plastique de rêve. Mais d’autres autos ont un physique ingrat sans pour autant susciter les quolibets. Lui, à peine deux ans après son lancement s’est mangé une grosse tranche de rigolade à ses dépens. Un entrefilet paru dans le magazine de BD Fluide Glacial en 2009 l’annonce tout de go, grâce à un lecteur grecophile comme moi : il affirme que Koleos, en grec ancien, ne signifiait rien de moins que « testicule ». Evidemment, le mensuel fondé par le regretté Marcel Gotlib est plus connu pour ses tranches de marrade que pour débusquer les scoops. Mais l’info est très vite reprise par tous les médias de France, de Navarre et de Belgique et le pauvre SUV provoque des sourires pas toujours bienveillants lorsqu’au hasard d’une rue, les badauds en croisent l’un des rares exemplaires qui a trouvé preneur. Autant dire que la carrière de Koleos 1, entre moqueries sur son physique et franche rigolade sur son nom n’a pas eu la carrière qu’il méritait. Il n’était pourtant pas mauvais bougre : très habitable, plutôt bien motorisé et ultra-pratique grâce notamment à son hayon à double ouverture. Son successeur a perdu cette bonne habitude, mais il se rattrape grâce à une ligne carrément craquante. Le dessin du gros bébé, confié comme toujours à Laurens Van den Acker, le patron star aux baskets multicolores du design Renault, réalise l’exploit de faire oublier le coté armoire normande des gros SUV.

Le Koleos n’est pas une ballerine pour autant. On n’est pas à bord d’une Fiat 500 et le poids et l’encombrement sont ceux d’une grande familiale juchée sur de grosses roues. On a dit familiale, pas voiture de famille nombreuses, car pour les 7 places, on repassera. Non pas que la malle ne soit pas capable d’accueillir deux strapontins en troisième rangée, mais au marketing Renault on en a décidé autrement. Les 7 places sont réservées à l’Espace et au Grand Scenic. Soit. C’est donc à cinq que l’on prend la route, mais sans se priver des bagages essentiels, et même superficiels, tellement le coffre ne demande que ça. Pendant que tout le monde s’affaire sur des sièges king size, le conducteur se retrouve face à un univers ultra connu. De la Megane à l’Espace en passant par le Scenic et ce Koleos, la planche de bord est similaire et intègre le fameux écran vertical façon Ipad.

Un système convaincant qui livre toutes les infos nécessaires. Mais le Koleos n’est pas qu’un salon high-tech. Scoop : c’est aussi une voiture qui prend gaillardement la route. Plus facilement lorsque le moteur diesel de 175 ch se cache sous son capot. Car le petit bloc de 130 ch, au mazout lui aussi est un peu à la ramasse pour arracher les plus de 1,6 tonnes de la bête. Sur la route, l’engin est ultra confortable. Un peu trop pour les accros des virolos car il a tendance à prendre un léger roulis qui ne mettent nullement en cause sa tenue de route, mais pourraient taquiner les estomacs les plus récalcitrants. C’est que je suis non seulement férue de grec ancien, mais aussi tatillonne en matière de suspensions. Surtout si l’on compare le Koleos au Peugeot 5008, son rival des prochains mois. Mais le gros SUV du lion à un désavantage certain par rapport au bestiau de chez Renault. Son nom, un simple numéro, ne prétera jamais à sourire comme celui du Koleos.

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