On connaît la chanson. Chez BMW les séries M, c’est du gros son et de la grosse accélération. M3, M4, M5, X5M, X6M, les bavarois déclinent très régulièrement leurs grandes autos dans une version sportive. Mais cette fois, ils se sont attaqués à du petit et du léger. Leur Série 1, amputée de deux portes, est rebaptisée Série 2 coupé. Et c’est elle qui hérite de la lettre M, pour Motorsport, signe de chevaux à foison et de sensations au diapason.

BMW Série 2 coupé

Des chevaux, il y en a 326, délivrés par un moteur de 6 cylindres en ligne. Quant aux sensations, elles sont offertes par une bonne vieille architecture à propulsion. Deux systèmes presque aussi anciens que le logo BMW et qui pourraient bien vivre leurs dernières heures sous la robe de cette série 2. A l’époque ou la concurrence Mercedes et Audi – puisque personne d’autre n’ose plus se frotter à Béhème depuis longtemps – s’abandonne à de moins glorieux quatre cylindres, tout aussi puissants, mais beaucoup moins polluants, BMW persiste. De même qu’il ne renonce pas à la propulsion. Mais cette auto risque bien d’être la der des der. Car les moindres émissions nécessaires de C02 forceront le constructeur à en passer par de plus petites cylindrées, et la prochaine série 1 et 2 seront probablement des tractions comme la première Megane venue. Question de coût de fabrication.

Autant dire que cette M235I appartient à un passé révolu, même si elle n’est commercialisée que cette semaine. Elle possède ce petit air dépassé par les événements environnementaux-économiques qui lui donne un goût d’interdit, de dernier des mohicans qui distille une saveur particulière de paradis perdu. Car cette auto, si elle ne risque pas de chambouler les canons du design du XXIe siècle, est de celle qui donne du sel. A une expérience au volant, comme à une vie de conducteur. Se laisser tomber dans cette petite voiture aux quatre places un peu justes, consiste à tomber aux mains d’un sorcier bavarois qui aurait tout conçu autour de l’égoïste conducteur. Et celui ci le lui rend bien en affichant un large sourire dès la touche « start » enfoncée. Le moteur chante et le petit turbo ne vient pas perturber sa mélodie. La boite auto à huit rapport enclenchée, et le voilà parti vers les sommets d’un compte-tour, de temps en temps seulement perturbé par un passage de vitesse en douceur, mais sans aucune inertie. Alors on s’enhardit. En inscrivant l’auto plus sèchement dans les virages, histoire de réveiller un train arrière qui ne demande que cela. Comme s’il devait jouer le dernier rôle de son histoire, il dérive comme ses ancêtres lui ont appris. Avant d’être repris en main par une électronique qui aura toujours le dernier mot. Même si on peut en retarder l’invasion, grâce à la petite touche « sport + » qui autorise quelques glissades supplémentaires, avant que l’informatique ne revienne y mettre bon ordre.

C’est donc une auto terriblement mal élevée que cette auto là. Mais comme les cancres brillants sont plus attachants que les élèves appliqués sans saveur, on ne saurait lui en vouloir. Même si cette peut-être dernière BMW à six cylindres en ligne et en mode propulsion en veut à notre budget. Car à 47 600 euros, auxquels il convient de rajouter 3000 euros de malus, la nostalgie est de plus en plus chère.

Moteur : 6 cylindres en ligne turbo

Puissance : 326 ch

Couple : 450 Nm

Boite automatique ZF 8 rapports

Consommation mixte : 7,6l

176g de C02

Tarif : 47 600 euros + 3000 euros de malus.

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