Quoi de commun entre un morceau de Daft Punk et un film de David Cronenberg ? Une seule lettre d’écart, mais aussi une même histoire d’amour, et donc d’érotisme. Mais une histoire de voitures aussi, et de mort encore. Donc d’érotisme toujours. Car Crash, l’œuvre sulfureuse du cinéaste canadien, couronnée d’un prix spécial à Cannes en 96, n’est que cela : une proposition indécente et dérangeante, qui oblige son spectateur à contempler ce qu’il se refuse obstinément à entendre : sa propre mort et le désir que celle-ci suscite. Un rapport d’attirance et de répulsion illustré à travers un objet fantasmatique et meurtrier à la fois : la voiture.

Sexe voiture"Crash" de David Cronenberg

Quant à Crush, signé du duo anonyme, casqué et multi récompensé, il se joue du sens de son titre. To be crushed to death peut se traduire par « se faire écraser par un véhicule ». Alors que To have a crush on somebody : ne signifie rien d’autre qu’avoir le béguin pour quelqu’un.

La chanson et le film, à 18 ans d’écart, ramène l’auditeur et le cinéphile à la même réflexion, à ce lien entre la mort, la sexualité et l’automobile. Et dans le parallèle entre l’accident de voiture et l’orgasme, Crash fait apparaître à la fois notre fascination pour l’auto-destruction et notre recherche d’immortalité. Instant Crush, puisque c’est le titre complet du morceau de Daft Punk, met quant à lui en musique cette même proposition, près de deux décennies plus tard.

sexe voiture

Car en 1996 comme en 2014, dans une salle de cinéma ou sur son MP3, quand je pense aux voitures, je les associe à l’homme, à la puissance, à la beauté, au sexe, à l’amour et à la mort. Mais je vous rassure toutes les femmes ne sont pas comme moi.

Enna