Bienvenue dans une ère nouvelle de l’industrie automobile. La voiture thermique traditionnelle n’est plus en odeur de sainteté. Pire, une véritable hécatombe est à prévoir : de nombreux modèles vont disparaître des catalogues. Car le malus 2020 abaisse le seuil de CO2 de 117 à 110 grammes et il faudra mettre la main au porte-monnaie si l’on s’entête à rouler à bord d’un véhicule qui rejette plus de 110 grammes de CO2 par kilomètre. 

Pas l’ombre d’un doute. Le Malus 2020 guide les automobilistes à l’aide de warning très lumineux vers l’achat de voitures 100% électriques.

En Janvier 2020, ce sera la grille selon la norme NEDC qui sera appliquée dont le malus débute à 50 euros pour 110 grammes et, par exemple, à 818 euros pour 130 g (jusqu’à 3784 euros pour les gourmands). En juin, ce sera la grille selon les normes WLTP qui prendra le relais. Exemple : une auto qui émet 128 g en NEDC aujourd’hui émet en réalité environ 172 g en WLTP. Donc, si cette voiture est livrée en janvier, c’est 650 euros de malus, la même livrée en juin, ce sera 2544 euros de malus.

Malus 2020
Grille de Malus au 1er Janvier 2020

Malus 2020 : de nombreux modèles condamnés, des petites sportives, aux hybrides, en passant par les SUV

Avec le Malus 2020, beaucoup de voitures vont sortir du catalogue et tomber aux oubliettes. Car l’automobiliste qui s’obstine à rouler dans une auto traditionnelle devra mettre la main à la poche. Pour des émissions de CO2 de 128 à 132 g/km, par exemple, il en coûtera entre 650 euros et 983 euros en 2020. Et de 10 011 à 12 012 euros pour des émissions de 168 à 172 g/km. Inutile de dire que les petites sportives vont périr. Qui voudra mettre 12 000 euros sur la table pour conduire une Renault Mégane RS Trophy de 300 chevaux qui émet 182g/km de CO2 ? Les SUV sont également dans le collimateur. Le Renault Kadjar qui émet 135g/km écopera d’un malus de 1276 euros. Un petit 4×4 comme le Suzuki Jimny réclamera entre 4500 et 10 980 euros supplémentaires avec ses rejets de 154g/km. L’hécatombe se poursuit jusqu’au Dacia Duster (rejets de C02 de 138g/km) qui risque d’être moins low cost en s’exposant à un malus de 1629 euros.

Malus 2020

 

Les voitures électriques comme seul échappatoire

Etonnamment, les voitures diesel échappent au massacre car elles émettent moins de CO2 que les essence, jetant le trouble sur la véritable destination de ce malus écologique. En revanche, presque toutes les autres, véhicules hybrides y compris – puisqu’ils ne bénéficient pas d’aide – ne pourront affronter ces nouvelles normes drastiques. Finalement, il n’y aura plus guère que les autos 100% électriques pour échapper au Malus 2020.

Cette année déjà, le système de bonus-malus est excédentaire de 100 millions. Une bonne opération pour les caisses du pays. Qui, c’est a priori le but du jeu, devrait s’en servir à bon escient pour la cause écologique…