Quelle émotion de se retrouver derrière le volant sans être sur les genoux de papa maman à 13 ans. Je me souviens de ce jour béni où ma mère m’a proposé de gérer volant et pédale dans les Cévennes. C’était sur un long chemin de terre bien sûr. Et non en plein centre ville comme ce jeune homme de 13 ans à Angoulême récemment qui a emmené en balade ses soeurs de 6 et 8 ans. M’offrir le volant sur ce grand terrain de jeu était le plus beau cadeau de ma vie. Surtout, il n’y avait guère de danger pour autrui. Seule la voiture de ma mère, une Renault 25, risquait de souffrir de mon inexpérience. Assise sur le trône de mes parents, j’avais un sentiment immense de confiance car un adulte me faisait confiance, doublé de celui d’une liberté inouïe et de la sensation d’être une vraie grande.

Conduite 13 ans

 

La tête dépasse encore à peine du volant, c’est vrai. Mais ça décuple le piment de cette folle aventure. On cale les premières fois et on a l’impression que l’on n’arrivera jamais à comprendre les pédales des grands. Mais tout à coup la magie advient et l’on avance sans savoir comment on s’arrête. A 10km/h à peine, on croit rouler à 200Km/h. On imagine que le petit chemin de terre est infini et qu’on va faire le tour de la terre. Soudain il faut freiner. Des ronces ferment fermement le passage. Alors on propose la marche arrière. Et on continue à regarder devant soi au lieu de tourner la tête dans le sens contraire et l’on se contre fiche du rétroviseur. On a déjà assez à faire avec nos 3 pédales, le gros levier de vitesse bourré de chiffres et notre immense volant. Et le rire éclate. On rit comme des bossus. On est fière. On en demande encore comme on redemande un tour de manège.

Apprendre à conduire à 13 ans, une grande école de la vie. Car on revient transformé de cette expérience. Et plus tard, cet apprentissage précoce nous aide bien sur la route. Plus on apprend tôt, plus on maîtrise la bête, plus on est responsabilisé et moins on a d’accident. Aujourd’hui, j’ai emmené ma fille de 13 ans sur un petit sentier. Plus douée que moi, elle n’a calé qu’une fois. Et j’espère intimement qu’elle perpétuera cette tradition, un jour, avec ses enfants.