Premier virage serré à gauche à 110 km/h. Je ferme les yeux et retiens ma respiration. Ca passe. Pas le temps de reprendre mes esprits : nous glissons sous un tunnel avec une accélération de 4,5 G dans une épingle glacée. Aucune ceinture pour retenir nos corps, aucune pédale de frein pour s’arrêter net. Juste une cordelette à empoigner et un casque rouge de la couleur de notre fougueux engin de la mort baptisé « Nissan X-Trail ».
Je ne me trouve pas dans le SUV du constructeur japonais mais dans le tout premier bobsleigh sept places au monde. Nettement plus tape cul que le crossover puisque nous sommes assis à même le sol, cette luge sophistiquée pilotée par le champion olympique Sean Olsson donne de sacrées sensations et forge les abdos. Comme lorsqu’on pilote sur un circuit automobile, il faut regarder au loin, anticiper les virages et affronter les G.
Voici la vidéo de mon périple
Nissan X-Trail (2014) : intéressant si vous avez 3 ou 4 enfants
Quelques heures après cette expérience pimentée, je retrouve la ligne athlétique du bobsleigh sur le capot du SUV. Si vous sortez d’une Twingo, vous trouverez le Nissan X-Trail plutôt large une fois à son volant. Mais si vous aviez un Qashqai, vous ne serez point dépaysé. Heureusement, avec ses quatre caméras grand angle intégrées à l’avant, à l’arrière et sur les côtés, vous n’aurez, quoi qu’il en soit, aucun mal à manoeuvrer avec cette vision à 360°.

Cela fait deux ans déjà que le Nissan X-Trail a abandonné son style de baroudeur pour adopter le look séduisant d’un SUV. Le but étant bien sûr de conquérir une clientèle plus large. Dans l’habitacle, les similitudes avec le Qashqai demeurent. La planche de bord, par exemple, est quasiment identique. Une façon de dépoussiérer l’image du 4×4 de base puisque la qualité des matériaux est nettement meilleur et donc plus proche de l’univers – qui se veut plus classe – des SUV (lesquels ont décidé de ne plus jamais nous « mémériser »).

Le grand point fort de cet X-Trail : l’habitabilité. Beaucoup de place pour les genoux à l’arrière, une banquette coulissante sur 26 cm, possibilité de le configurer en version 7 places (une option à 800 euros). Mais attention : ces deux dernières places conviennent plutôt à des enfants entre 2 et 6 ans. Sinon, il vaudrait mieux qu’elles ne servent que d’appoint car l’espace aux jambes est minuscule et l’accessibilité compliquée. Si vous optez pour la configuration 7 places, le coffre vous offrira 137 litres seulement une fois tous les sièges déployées. Dans ce cas, et comme dans de nombreux SUV 7 places, il faudra choisir entre bagages et passagers (mais c’est tout de même nettement plus spacieux qu’avec le Qashqai +2). Petit truc astucieux à noter : le double plancher de coffre permettant, par exemple, de transporter une poussette dans la partie inférieure tout en disposant toujours d’une surface exploitable au-dessus. Le Nissan X-Trail 2014 est également utile si vous devez transporter des objets de 2.60 mètres de long : c’est la longueur dont vous disposerez en inclinant le siège passager.
ALL MODE 4×4-i
Grâce à un bouton rotatif placé sur la console centrale, vous pouvez sélectionner le mode 2 roues motrices ou Auto&Lock (transmission intégrale permanente). En mode « Auto », comme sur un appareil photo, c’est l’X-Trail qui décide le meilleur choix à votre place. Il répartit le couple entre les essieux avant et arrière en fonction des besoins et ce, jusqu’à 80km/h. Dans les situations délicates et à faible allure (comme lorsque je me suis retrouvée dans un champ de boue), le mode Lock fait passer l’X-Trail en transmission intégrale permanente. Il est par ailleurs possible d’opter pour le 2 roues motrices uniquement.
Moteur
On m’avait dit « Tu verras : le nouveau moteur essence est top ». J’ai vu : il est certes silencieux, mais pas très nerveux. Mettez m’en plutôt un diesel monsieur Nissan. Ca lui va bien mieux l’odeur du mazout à mon lourd X-Trail : 1,6 tonnes lancées dans des lacets alpins ça mérite du couple, de la vibration à bas régime et des pointes à 3000 tours maxi. Laissons l’essence dans les vallées huppées. Moi là-haut, dans le Tyrol Autrichien où j’ai testé le bobsleigh et le SUV, il me faut du brut, du 4×4, de la camionnette passe-partout et prête à embarquer sept personnes. Du SUV capable de grimper comme personne, de s’enquiller la neige comme aucun, de la boue comme peu et du caillou comme on aime. Il sait faire tout ça, et me permet même d’avaler les autoroutes qui y mènent en restant (presque) silencieux et (plutôt) confortable. Rouler en X-trail, ça vous emmène au Tyrol ou au supermarché du coin.
Conclusion : si le DCi 130 ch est suffisant pour déplacer le Qasqhai , il a plus de mal à s’exprimer sous le capot de l’X-Trail et ses 1.6 tonnes. Optez plutôt pour le DiG-T 163 ch accessible dès 25 130 euros.
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On attend avec impatience la version Renault de ce X-Trail qui devrait s’appeler Koleos comme le précédent SUV du losange et de sinistre mémoire.
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