
La Mazda MX-5 a eu le droit a un léger lifting pour 2013 (normes piétons oblige) ainsi que d’une version à toit souple équipée du moteur 2.0L atmosphérique qui jusqu’à présent était réservé au modèle à toit rigide. On gagne 80Kg, quelques muscles en plus lorsqu’il s’agit de recapoter, et donc encore quelques centimètres de sourire sur le visage !
Avec 24 ans d’existence au compteur, et presque 1 million d’unités vendues (900.000 en décembre 2010), la MX-5 mérite amplement son titre de roadster le plus vendu de tous les temps. Mais essayons donc de comprendre pourquoi elle plaît tant.
« Jinba Ittai » : C’est le crédo de l’équipe de développement de la MX-5 depuis la première qui est sortie en 1989 jusqu’à l’actuelle, qui veut dire (grossièrement) « le cavalier et sa monture ne font qu’un ». Ça n’est ni plus ni moins qu’un un cahier des charges à respecter, ou plutôt une recette pour faire de la MX-5 une voiture qui parle à son conducteur :
- Poids réduit au maximum – Pouvoir accueillir 2 personnes, quelque soit leur gabarit (cela dit, j’aimerais voir un japonais de 1m95 pour 130Kg…)
- Que toutes les roues soient connectées par une suspension triangulée ou indépendante multi-bras (leçon que devrait retenir Honda sur le marché européen avec la dernière Civic Type R destinée au marché Européen…)
- Une répartition du poids de 50:50 avec le moteur en position centrale avant (moteur placé sous le capot avant, mais derrière l’axe des roues)
- Une structure rigide permettant au moteur de transmettre au mieux l’énergie à la boîte de vitesse située derrière afin d’améliorer le temps de réponse (et donc sentir encore plus le côté « immédiat » de la voiture)
Bref, pour simplifier en quelques mots si vous n’avez pas eu la force de lire la version développée ci-dessus : MX-5 = Voiture légère assez spacieuse pour 2 individus, qui colle à la route et qui se contrôle avec aisance, que ce soit en ligne droite ou en plein virage.
Place maintenant à l’essai Mazda MX-5 2013 roadster 2.0L !
Premier contact
Les 10 premières minutes à son volant ont été consacrées à régler le siège conducteur (j’ai des jambes courtes et un dos long, pas idéal donc). Après avoir découvert que l’assise était inclinable et peaufiné les réglages, je me suis senti extrêmement bien dans le semi-baquet !
Premier tour de clé : je sors du parking, et un grand sourire s’imprime déjà sur mon visage : le moindre coup de volant dirige la voiture exactement où l’on veut, sans effet « mou ». C’est ferme, c’est précis, c’est direct, et on sait qu’en cas de perte d’adhérence, on le sentira à la fois dans les mains, mais également dans tous le reste du corps !
Étape suivante : chargement du coffre. Heureusement, le coffre a réussi à accepter tout ce que j’avais à transporter : 2 sacs de sports remplis, un sac à dos rempli, 2 sacs de trépieds. Je n’y croyais pas, mais tout est bien rentré !
Ensuite vient la synchronisation du téléphone avec la voiture : l’ergonomie est loin des standards de 2013 (ou tout simplement de ses cousines Mazda 3 et CX-5). Il n’y a pas de prise USB dans la voiture malgré le système audio Bose, mais fort heureusement une prise auxiliaire allait m’aider à supporter les 250Km qui m’attendaient pour rentrer. En réalité, malgré l’indéniable qualité sonore, je me suis senti obligé de couper la musique et rouler avec pour seule mélodie le doux (et parfois violent) bruit du moteur. Addictif à souhait, il ne donne qu’une seule envie : se faire plaisir et rester au dessus des 4000 tr/min. J’ai rapidement compris pourquoi on m’a dit que la prise USB n’était pas réellement utile dans cette voiture…
Design
Les lignes fluides de la carrosserie, bien que sages, se sont améliorées sur la face avant lors du restylage qui a eu lieu en 2008. Ce n’est pas une voiture faite pour gambader devant un casino à Monaco, mais en revanche, ses lignes semblent intemporelles, un peu comme sa cousine éloignée RX-7 FD (qui date de… 1991 !).
Le pare-choc a été revu pour la version 2013 afin de respecter les normes concernant les piétons, mais les changements furent mineurs, bien que rendant l’avant encore plus agressif.
Sensations & machine à sourires
Avec « seulement » 160ch (pour un poids d’une tonne seulement), ce n’est pas la voiture la plus rapide qui soit. Mais là où la MX-5 excelle, c’est dans sa capacité à vous donner le sourire : quelque soit la vitesse, la voiture retransmet toutes les informations de la route dans le volant et dans le dos. L’avantage réel est que j’ai pu en profiter pleinement en ville et garder la bonne humeur malgré les bouchons parisiens !
Le freinage est impressionnant. On n’est pas vraiment dans les standards actuels où ça freine parfaitement droit quelque soit les conditions (ça freine droit à 110Km/h rassurez-vous). Ça rappelle les voitures plus anciennes, non aseptisées, et ça fait un bien fou de se sentir « connecté » au véhicule.
Le bouton pour déconnecter le contrôle de traction, bien que mal placé (il est en dessous à gauche du volant, là où on retrouve en général le réglage de hauteur des phares), a au moins le mérite de ne pas demander à ce qu’on le maintienne 3 secondes. Une simple pression et les roues arrières sont prêtes à patiner sur commande : jouissif !
La boîte de vitesse est parfaite à tous les étages : le levier de vitesse demande à parcourir une très courte distance pour passer une vitesse, et surtout, un léger « clic moelleux » qui se ressent dans le creux de la main qui confirme que vous pouvez lâcher la pédale d’embrayage et continuer sur votre lancée. Les rapports sont courts et bien étagés : jamais le talon-pointe n’a été aussi facile à caler proprement, notamment grâce à la position de la pédale de frein qui est tout bonnement parfaite.
En bref, la conduite est intuitive, et la voiture nous pousse à aller toujours plus loin et plus fort !
Beaucoup de confrères trouvent que les suspensions de la voiture manquent de rigidité sur circuit. Mais je ne pense pas que la MX-5 ait été taillée dans le but d’attaquer le circuit de Laguna Seca ou Suzuka au quotidien (même si elle le pourrait sans broncher) mais plutôt pour les routes sinueuses et étroites (très fréquentes au Japon) empruntées au quotidien dans le cadre d’un trajet pour aller au travail, auquel cas elle devient le parfait exutoire une fois sorti du bureau, le tout à des vitesses pas forcément terrifiantes !
Intérieur typiquement japonais ? Le niveau de finition des voitures japonaises est souvent remis en cause : certes la MX-5 n’a pas le niveau de finition d’une Aston Martin, il y a beaucoup de plastique (qui ne tombe pas quand on le touche), mais ça serait vite oublier son rapport prestation/prix. Personnellement je n’ai rien à lui reprocher à part peut-être les emplacements derrière les sièges un peu « cheap ».
Le volant est rond (je n’ai jamais compris l’intérêt des volants avec le bas droit si en ville vous faites plus d’un tour de volant…), pas trop fin, ni trop épais, on l’a bien en main ! En revanche on note l’absence de creux pour caler les pouces : Est-ce un signe pour mettre la voiture en travers le plus souvent possible ?
Chacun possède ses préférences, donc le mieux est d’aller en concession et de monter dedans !
La climatisation fonctionne à merveille (quasi-obligatoire une fois capotée je crois bien, j’avais l’impression que la capote rendait l’habitacle plus ou moins hermétique), et le détail qui a rendu mes longs trajets agréables : une buse de ventilation au niveau des genoux/cuisses !
Les sièges chauffants sont magnifiquement agréables avec une chauffe vraiment douce et bien répartie. Testé avec une température extérieure de 14° et décapoté : Je comprend mieux ceux qui décapotent en fin d’hiver aux premiers rayons de soleils pour profiter de l’air (ou de la pollution) !
Toutefois, chez CharlotteAuVolant, on se pose les questions que les gens se posent à fois les hommes et les femmes en général,
– Est-elle pratique ?
Bien que ça soit un Roadster, la capote ne prend strictement aucune place dans le coffre car elle a son propre compartiment. De ce fait, vous pouvez faire vos courses sans vous soucier de si tout va rentrer ou non (à moins que vous achetiez un barbecue prévu pour 8 personnes…).
– Est-elle facile à garer ?
Tout dépend de votre aptitude à garer votre voiture, mais pour faire simple : Elle mesure à peine 4 mètres, on a le capot dans notre champ de vision, et l’arrière et parfaitement visible, encore plus une fois décapotée, donc si avec tout ça, vous avez du mal à vous garer, nous vous recommandons de faire un stage d’une semaine dans les rues bondées de Paris.
– Puis-je me l’offrir ?
Ça dépend, si vous avez les 28.900€, oui bien sûr, mais si vous ne touchez que 1200€ par mois et que vous avez un crédit immobilier sur 30 ans, que toutes les économies sont passées dans l’apport du crédit, et qu’il ne vous reste plus grand chose à la fin du mois… Désolé, ça risque d’être difficile.
– Pourquoi le nom de MX-5 ?
Mazda eXperiment, projet N°5 (ils sont pas parti chercher très loin pour le nom, on vous l’accorde, mais ça glisse bien entre les lèvres)
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– Est-elle “Made in Japan” ?
Pour notre plus grand bonheur : oui ! D’autant qu’on m’a confirmé que la MX-5 est le modèle le plus fiable de la gamme Mazda. En y repensant je n’en ai jamais vu arrêtée sur le bas-côté de la route…
– Mon brushing va t-il en prendre un coup sans la capote ?
Tout dépend de votre taille. Jusqu’à 1m75, pas de souci, par contre si vous mesurez 1m85, vous risquez de sentir l’air vous couper le front ! CharlotteAuVolant recommande cependant d’étaler un peu de crème solaire sur le visage avant de profiter du petit roadster en cas d’ensoleillement intense !
– C’est utilisable en hiver ?
Malgré les apparences, une fois la capote fermée, l’habitacle est parfaitement isolé, donc oui. De plus les sièges chauffants vous permettront de rouler décapoté au premier rayon de soleil ! Le 28 juin 2013 n’était pas un jour d’hiver, mais à 14° et le chauffage du siège mis en position 1 (sur 5), l’autoroute n’était pas un problème du tout !
– Il n’y a pas de turbo comme la majorité des voitures sportives sur le marché actuel : c’est lent ?
La vitesse n’est pas que liée à l’accélération, et ce même si beaucoup de messieurs se masturbent l’égo avec les chiffres. La MX-5, bien que plus lente sur les lignes droites que la plupart des concurrentes est bien plus légère et parfaitement équilibrée, ce qui permet de freiner très tard avant un virage et de garder des vitesses à faire pâlir votre passager (véridique !). Le fun se vit dans l’habitacle et non sur le papier !
– Le facteur « Woooh » & « Ouaaaaah »
La MX-5 a été tellement vendue qu’elle ne fait plus tourner les têtes (vous tournez souvent la tête quand vous voyez une Porsche sur Paris maintenant ?). En revanche, elle fait tourner la tête à coup sûr lorsque vous êtes décapoté, et que votre voisin dans la voiture d’à côté qui n’a pas la climatisation souffre de la chaleur en pensant « Aaaah il doit être bien les cheveux à l’air, l’enf**** ! ». Un peu vrai avec n’importe quelle décapotable en plein été en somme.
– Pourquoi l’acheter ?
En chacun de nous sommeille un grand enfant, et la MX-5 a réveillé cette partie en me donnant le sourire à chaque coup de gaz et chaque virage. Ah oui : prévoir le budget carburant car malgré le fait qu’elle ne consomme que très peu sur route (comptez entre 5.4 et 6.5L/100Km sur route), le grand enfant en nous a forcément la pédale joyeuse. C’est également une voiture qui procure du plaisir même dans la limite des vitesses autorisées en ville : le châssis retransmet toutes les informations de la route à votre corps, et donne l’impression de faire corps avec la voiture, surtout avec les sièges Recaro (en option, mais ils sont tellement agréables que ça en devient une obligation). Bref, la MX-5 est un peu une fontaine de jouvence, ramenant tous ceux derrière son volant à l’âge de 9 ans.
À partir de 28.900€, elle n’a pas beaucoup de concurrentes dans son segment, voire aucune à l’heure actuelle (la dernière fut probablement la Daihatsu Copen, mais la production s’est arrêtée…).
Pour finir, soyons un peu ennuyeux avec les caractéristiques techniques :
Modèle essayé : Mazda MX-5 2.0L MZR roadster en finition « Performance »
Puissance : 160ch à 6700 tr/min
Couple : 188Nm à 5000 tr/min
Puissance administrative : 10 CV
Boîte de vitesse : manuelle à 6 rapports
Vitesse max : 213Km/h
0 à 100Km/h : 7,6 secondes
Poids : 1090Kg (avec un conducteur de 75Kg, mais ce n’est pas une raison pour se lancer sur le premier paquet de chips !)
Consommations Extra-urbaines / Mixte / Urbaine (en L/100Km) : 6.1 / 7.8 / 10.9
Emissions de CO2 : 181g/km
Volume du coffre : 150L
Contenance du réservoir : 50L
Pneus : Bridgestone RE050A en 205/45/R17
Prix du modèle essayé : 30.800€ (options « Sièges Recaro Cuir-Alcantara » à 1400€ et peinture « Crystal White Pearl Mica » à 500€)
Pour relire l’essai de la Mazda MX-5 sur circuit : ici




