Dur métier. Blogueur auto ou journaliste automobile, c’est pas de tout repos. On savait plus ou moins qu’il fallait courir partout et essayer des voitures là où l’on veut bien nous les confier, souvent très loin, dans des pays ensoleillés pour les photos et les vidéos. Puis, que nous devions livrer nos impressions à des centaines de milliers de passionnés épatés par notre grandiose modestie. Mais si l’on nous avait dit pour le reste, tout le reste, est-ce que nous aurions fait ce métier ?

Journaliste auto
La vie de blogueuse auto demande un certain talent de l’évitement.

Le dur métier de blogueur auto : « T’es pas une pro du SAV, t’es sûre ? »

Car le blogueur / journaliste auto est aussi un pro du SAV, un fournisseur d’entrées gratuites, un mécano, un guide d’achat et un redresseur de torts.

Quand on écrit sur l’automobile, on a forcément des coups de fil.

– Dis moi Charlotte au volant, elle est comment la nouvelle Traband ?

– Elle ira parfaitement avec ton teint ma chérie.

Car la blogueuse auto aguerrie sait très bien qu’il ne fut jamais contrarier un acheteur d’auto qui a un modèle en tête. Car s’il appelle le «spécialiste» que l’on est à ses yeux, ce n’est que dans un unique but : se rassurer. Il est donc indispensable de lui faire plaisir.

Mais il y a aussi le voisin. Il a toujours un problème un bruit sur sa vieille Ami 6.

– Dis moi Charlotte au volant. Depuis quelques temps, elle fait «ziiiiiiiiiiiiiiii» au démarrage. C’est grave ?

– Dis donc, c’est pas parce que Nikos Aliagas travaille à la télé que tu vas lui demander de régler ton antenne. Eh ben c’est pareil.

Il faut apprendre à résister. Quitte à se fâcher avec ses voisins. Ou les profiteurs de tout poil. Ceux qui veulent faire des affaires :

– Dis moi Charlotte au volant, toi qui à tes entrées, tu pourrais me trouver une Aston à échanger contre ma Clio 2 ?

– Pas de souci, j’ai le 06 de James Bond. Tu l’embrasses pour moi.

Ou les procéduriers  :

– Dis moi Charlotte au volant, t’aurais pas un plan pour que Peugeot me rembourse la peinture de ma 205 GR ? Y a une écaille à l’intérieur de la portière, derrière la garniture.

– Pas de souci, démonte ta portière et envoie la à Carlos Tavares. Fais vite, il poireaute, à l’entrée du 75 avenue de la Gde Armée.

Et puis il y a les radins, ceux qui veulent tout. Pour rien.

– Dis moi Charlotte au volant, t’aurais pas des entrées pour le Mondial de l’automobile ? Avec la femme on s’est dit que ça ferait une chouette sortie pour les enfants. On est cinq

– Pas de souci. Je vous ai pris aussi trois chambres au Hilton en face. Je me suis permis.

On le voit, la vie de blogueuse auto demande un certain talent de l’évitement. Mais, malgré les importuns rasoirs et les mesquins sympathiques, pas question de céder notre place. On continue à se lever tôt pour essayer des autos, à répondre aux voisins sensible de l’oreille, aux amis qui veulent visiter les salons et à ceux qui prennent leur vessie Clio pour des lanternes Aston.

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