Certaines autos sont dessinées. D’autres sont taillées. Pour la route, plutôt sinueuse, et pour la légende, plutôt impétueuse. Cette Subaru WRX STI est de celle-là : une auto d’ingénieurs fous, qui auraient viré les designers de leur atelier de peur que ces derniers fassent du joli, là ou ils ne recherchaient que de l’efficace. Car la Japonaise ne s’alignera jamais dans un concours d’élégance. Berline classique et passe muraille à la base, elle s’est laissée coller un aileron grand comme une planche à repasser sur son coffre arrière. Sur son capot avant, une bouche béante lui permet d’aérer son gros moteur. Difficile de passer inaperçu avec un tel équipage. Au pire, son conducteur sera étiqueté fan de tuning. Au mieux, on lui jettera un regard condescendant en lui pardonnant sa faute de goût.

Subaru WRX STI
La WRX STI se moque des quolibets.

Subaru a démocratisé la voiture de sport

Mais la WRX STI se moque des quolibets. Et certains de ceux qui croisent ses quatre sorties d’échappement et ses ailes élargies savent, et lancent un sourire entendu à son propriétaire. Car c’est une Sub, pas vraiment une voiture. Surtout pas un engin pragmatique pour rallier le plus confortablement du monde un point A à un point B. Suffit de s’installer à bord et de mettre en marche le quatre cylindres turbo à plat pour être aussitôt transporté dans une autre dimension. Et une autre époque où elle s’appelait Impreza, où elle était forcément bleue, avec des jantes forcément dorées. Dans ces années 90 là, les pilotes du dimanche s’élançaient à son bord dans les lacets cévenoles et se prenaient pour Colin McRae qui venait d’arracher le championnat du monde des rallyes à son volant. En plus, comme la bête avait quatre portes, les gentlemen drivers des lampions pouvaient impressionner les jeunes filles en les déposant au bal du coin. Car Subaru, trente ans après Alfa Romeo, avait démocratisé la voiture de sport. Elle offrait une puissance de Porsche pour un budget de Coccinelle. Ou presque.

Test  Subaru WRX STI
En plus, comme la bête avait quatre portes, les gentlemen drivers des lampions pouvaient impressionner les jeunes filles en les déposant au bal du coin.

Le plaisir sans l’accessoire

Aujourd’hui, les jantes ne sont plus dorées et la Sub ne s’appelle plus Impreza. Mais le mythe a la vie aussi dure que les suspensions de l’engin. Et son prix, à 39000 euros est resté imbattable. Son bloc de 305 ch s’envole toujours dans les tours. Sa consommation dépasse toujours, et largement, les 10L/100km, si l’on tente d’enchaîner ces petits virages cévenoles a des allures répréhensibles. Car si la maréchaussée les interdit, le moteur plutôt généreux, le poids plutôt chiche et les quatre roues motrices l’autorisent. Ils encouragent même le plus calme des conducteurs à souder la pédale d’accélérateur au plancher. Le tout au milieu d’une bourrasque de bruits aérodynamiques, dont les concepteurs de l’auto n’a même pas envisagé qu’elle pouvait nuire à son succès. Comme ils n’ont pas du tout pensé qu’une planche de bord agréable et bien équipée pouvait contribuer à améliorer les ventes. Car à bord de la Sub, la clim date d’un autre siècle et le GPS n’est pas disponible, même en option. L’autoradio ? Il est à sa place, mais il est totalement inutile, étant donné le boucan qui envahit l’habitacle. Mais l’essentiel n’est pas dans l’artifice de l’équipement, les détails embarrassants et un design encombrant. Il est au cœur de cette auto qui cultive l’essentiel : le plaisir sans l’accessoire.

Courte vidéo de la Subaru WRX STi