Quasi allongée à quelques centimètres du sol dans ma Formule Renault 2000 et plaquée contre le siège comme un chewing-gum sous une semelle, j’ai les jambes qui se touchent (flagellent un peu aussi car c’est ma toute première fois en Monoplace) et les yeux qui émergent à peine de l’habitacle. Pourtant il faut appuyer sur les bonnes pédales, porter le regard le plus loin possible (comme à cheval), laisser le pied gauche sur une minuscule cale dès que la monoplace roule sur le circuit car les vitesses se changent au volant. « Moteur ! Laisse le pied enfoncé sur l’embrayage et appuie sur l’accélérateur. Relâche la pédale d’embrayage millimètre par millimètre. Go ! ».

Anne-Charlotte Laugier

Après avoir démarré ma monoplace du premier coup (quelle fierté), je me demande comment je vais parvenir à voir les virages du circuit de la Ferté Gaucher ni si je vais supporter la sensation de vitesse au ras du sol. J’ai tout d’une pilote aguerrie : la combinaison, le casque, les chaussures de course et les gants. Mais pour l’heure je vois les grosses roues de mon engin de 200ch qui pèse 450 kg (un peu plus de 500 avec moi) et je prends les premiers virages au ralenti : je sais que ma bête de course dispose d’un grip phénoménal, mais je sais aussi qu’il n’y a aucune aide électronique qui viendra à mon secours en cas d’erreur. J’effectue donc un premier tour de circuit en mode circuit touristique organisé pour le 3ème âge (et tant pis pour le qu’en-dira-t-on sur les femmes au volant).

Formule Renault

Chaud devant ! Une fois habituée à la bête qui n’attend qu’à monter à 5000 tours, je passe à la vitesse supérieure et met du rythme. Piloter devient grisant ! A 5500 tours dans la grande ligne droite de la Ferté Gaucher, je double plusieurs monoplaces conduites par des mâles. J’en suis fière, c’est vrai. Pourtant, secrètement, sous mon casque, je me sens au bout de mes capacités de pilote du dimanche. La monoplace hurle et vibre, le virage serré sur la gauche se présente bien assez vite. Guère envie d’échouer et de terminer ma course dans les graviers ou, pire, dans la rambarde (J’ai ma fierté de femme !). Après 5 tours de circuit, le drapeau à damiers m’invite à rejoindre les stands au pas.

Formule Renault 2000

Un coach de l’école de pilotage de CD Sport procède au debrief de ses 8 stagiaires dont le mien : « Pas mal du tout Charlotte. Tu mets du rythme et freines bien. Tu n’as plus qu’à remettre les gaz plus fort et plus tôt dès que tes roues sont droites ». A la fin de cette folle matinée bourrée d’adrénaline, mes efforts ont été récompensés par un beau diplôme.

2 COMMENTS

  1. J’ai fait un stage de pilotage sur Formule Renault il y a quelques temps et je n’ai pas réussi (honte sur moi !) à partir du premier coup. En clair, j’ai calé ! Le point de patinage est vraiment difficile à trouver sur ce genre de monoplace. Quant à exploiter tout le potentiel d’un tel bolide, à moins d’être un vrai pilote, c’est clairement compliqué !

  2. Félicitations pour l’obtention de ton diplôme. Pour ma part, je ne pense pas que je serais allée faire ce stage : j’ai bien trop peur pour ça. MDR !

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