C’est une déception. Ce vendredi au salon Rétromobile 2019 qui ferme ses portes ce soir, l’Alfa Romeo 8C 2900 B, un joyau italien de 1939 s’est vendue 14,6 millions d’euros aux enchères qui se sont déroulées . Une déception puisque la voiture, rarissime, était estimée entre 16 et 22 millions.

Alfa Romeo 8C

Retromobile : une fréquentation en hausse et une cote des anciennes en baisse

Évidemment, le précédent propriétaire de l’engin, un Hollandais, n’est pas vraiment troublé par cette « petite » côte. Son père avait acquis la voiture en 1976 pour l’équivalent de 10 000 euros et la culbute reste donc plus qu’intéressante. Mais les milieux de la voiture de collection commencent, quant à eux, à se faire quelque mouron. Certes, le marché n’est pas en pleine dégringolade. Certes, l’engouement pour les vieilles autos ne se dément pas (et l’affluence à cette édition 2019 de Rétromobile en témoigne). Mais les prix atteints par les modèles rarissimes qui changent de main depuis deux ans, comme cette Alfa, quelques Ferrari, Jaguar ou Mercedes d’avant 1960, ou la plupart des Bugatti (les vraies) ont tendance à stagner depuis 2017. Ou même à perdre des plumes. A l’instar de ces Ferrari 250 GTL/Lusso. L’un de ces modèles s’est vendu 977 400 euros, toujours à Rétromobile ce vendredi. Mais un autre exemplaire s’est envolé jusqu’à 2,2 millions d’euros au même endroit il y a deux ans et un autre s’est échangé contre 1,5 millions l’été dernier au concours d’élégance de Pebble Beach en Californie l’an passé. La baisse est donc effective, même si elle varie en fonction des modèles, et de leur état de conservation. Cette baisse est flagrante en observant les variations de l’indice Hagi, puisque, comme la bourse, les voitures de collection disposent de leur variation bien à eux. Et l’indice Hagi, pour Historical Automobile Group International est en baisse depuis deux ans, malgré une légère remontée en 2018.

Youngtimers : toujours de belles envolées

Pour autant, ces variations ne concernent que les autos ultra-rares dont les prix descendent rareement en deçà de 300 000 euros. Mais il reste un domaine de la collection qui continue malgré tout à connaître de belles envolées et c’est celui des youngtimers. Un engouement qui touche parfois au ridicule et dont Retromobile a, une fois de plus, été le décor. Ainsi, au cours de la vente aux enchères organisée par la maison Artcurial au cours du salon, une AX Sport était présentée à un prix estimée entre 15 et 25 000 euros. La petite Citroën de 1989 est loin de marquer l’histoire de l’automobile de par son dessin simpliste, ou par sa puissance (elle jauge 95ch). Elle n’a pas atteint l’estimation, mais s’est tout de même arrachée à 14 000 euros. Une somme qui a du hérisser les nombreux propriétaires de ce type d’auto qui se sont séparé de la leur à la faveur d’une quelconque prime à la casse moyennant une remise de 500 ou 1 000 euros sur leur voiture neuve. D’autant que les AX sont, pour le moment, loin d’atteindre les côtes des stars des youngtimers que sont devenues les 205 GTI, Renault Clio Williams ou Peugeot 104 ZS devenues inabordables pour ceux-là mêmes à qui elles sont destinées : les jeunes conducteurs plutôt fauchés. C’est tout le paradoxe de la voiture de collection : les autos hyper rares et hyper chères sont en baisse alors que leurs acquéreurs potentiels sont richissimes. Et, à l’inverse, les anciennes abordables pour les moins fortunés, sont de plus en plus inaccessibles.

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