Comme Saint-Thomas, je dois voir pour croire. Et je peux donc désormais le crier sur tous les capots : oui, il existe une réelle différence entre un pneu premium et un pneu low cost. Je suis partie à Rome, sur le circuit d’essais européen très secret de Bridgestone, pour évaluer moi-même la sécurité des pneus en situation. Et j’ai compris pourquoi il existait une telle différence de prix entre des pneus de même dimension.
Tous les pneus sont ronds et noirs comme tous les hommes ont un nez et des yeux. Seulement, selon ce qu’on achète pour rouler (ou ce qu’on choisit à mettre pour la vie dans son lit), la déception peut-être immense. Spécifiquement conçu pour les tests de pneus, le circuit d’essais européens de Bridgestone (situé à Aprilia en Italie, près de Rome), m’a clairement prouvé qu’il valait mieux être bien chaussé pour affronter le bitume sec ou mouillé.
J’ai eu la chance inouïe de réaliser des tests dans les mêmes conditions que les pros : sur des circuits ultra modernes prévus à cet effet avec des consignes très précises (On n’essaie pas un pneu comme un vêtement devant une glace. Autrement dit, on ne se tortille pas dans tous les sens).

Pour me mettre dans la peau d’une spécialiste de la gomme, j’étais bien accompagnée : Stefano Modena (ex pilote de F1) en personne, m’a drivé. Petite anecdote : il m’a fait un slalom en marche arrière à la vitesse d’une marche avant. Ca donne le ton… Respect à ce Dieu vivant !
1er test : sur piste mouillée à bord d’une Golf 2.0 TDi
Je dois évaluer les pneux low cost puis premium en conduisant exactement de la même façon (évidemment) sur un circuit mouillé (environ 0.5 cm d’eau) fait de lignes droites, de chicanes, de virages puis freiner à fond élancée à 90 km/h pour voir combien de mètres sont nécessaires à la voiture pour être complètement à l’arrêt.
1/ Avec des pneus low cost HF201, j’ai trouvé que la Golf adhérait un peu moins dans un grand virage où il fallait tenir la corde. Au point de freinage, il m’a fallu 33 mètres pour m’arrêter. Et j’ai eu la sensation que ça partait en aquaplaning.
2/ Avec des pneus premium Turanza t001, tout s’est bien passé. A 90km/h en moyenne, j’ai assuré tous les virages et freinages sans me faire la moindre frayeur. Surtout, coller aux points de corde du grand virage n’a posé aucun souci. Ce qui prouve qu’en terme d’adhérence, le Turanza fait parfaitement son job. Puis au moment du grand freinage, j’ai mis 29 mètres, soit 4 mètres de moins pour m’arrêter. Pas vraiment négligeable en cas d’accident.
2ème test : sur piste sèche à bord d’une Golf 2.0 Tdi
Ce test là était encore plus fantastique. Car j’ai eu droit à tout sur cette immense piste sèche. Aux virages, aux chicanes, aux changements de file en urgence et au slalom géant ! Derrière le volant, Stefano Modena ne plaisantait pas. Il m’expliquait tout ce qu’il fallait faire pour tester des pneus : sentir la réponse dans le volant, sentir les transferts de poids, l’adhérence, respecter les mêmes consignes pour comparer les jeux de pneus.

1/ Le long slalom à 85 km/h et le changement de file en urgence ont été fatales aux pneus low cost Hifly HF201. Un grand coup de volant a provoqué un tête à queue que seul un pilote du talent de Modena est capable d’éviter. Quant au slalom, même Modena n’a pu l’assurer jusqu’au bout : les pneus chinois n’ont guère d’adhérence et finissent par craquer. C’est le fossé assuré.

2/ Aucun doute : les pneus premium Turanza t001 offrent une autre tenue de route et une autre sécurité aux automobilistes. Ils ont réussi tous les tests. Notamment celui du slalom et du changement de file.
Ces tests à l’EUPG ont été sans équivoque : il existe une réelle différence entre les pneus premium et les pneus low cost. Si le prix d’un pneu chinois est moins élevé que celui d’un pneu premium, tout prouve qu’il vaut mieux correctement chausser son auto. C’est une question de sécurité, de performance, de confort et de longévité…
En 7 ans, les Chinois ont doublé leur importation de pneus low cost. Plutôt inquiétant. Surtout lorsque l’on connaît leur manque d’investissements en matière de recherche et développement, mais aussi l’emploi de matériaux de moindre qualité, ce qui leur permet d’afficher des prix au plus bas du marché…
Voici quelques ateliers en bonus :
– Un ovale pris à 300km/h avec des pneus Bridgestone (ça tient le pavé ! on se croirait dans un jeu vidéo)
– Un (faux) mur pris à 40km/h (histoire de montrer qu’un choc à basse vitesse est déjà conséquent)















