Vendus parfois deux fois moins chers que les gommes des grandes marques, les pneus chinois sont beaucoup moins efficaces sur route mouillée. J’ai comparé les deux types de modèles.

Rien ne ressemble autant à un pneu qu’un autre pneu. Sauf son prix. Du coup, au moment de changer ceux de sa voiture, il est tentant d’aller vers les moins chers. D’autant que le prix d’une gomme low cost, généralement chinoise (Wanli, Hifly, Imperial, GT Radial, etc), est jusqu’à deux fois moins élevée que celles des grandes marques occidentales (Michelin, Bridgestone, Dunlop, Continental, etc). Une différence de prix liée uniquement aux bas salaires pratiqués par l’Empire du milieu ? Pas seulement. Un test comparatif pratiqué à la fin de l’année par nos confrères d’Auto-Plus l’avait démontré. Entre une Clio chaussée de pneus Michelin et la même auto équipée de gommes Imperial, la distance nécessaire pour s’arrêter à 80 km/h, sur route mouillée, varie de près de 6m. A l’avantage des pneus français, évidemment. Ce ne sont pas seulement des mètres qui peuvent ainsi être épargnés, mais parfois des vies. Un comparatif similaire, auquel j’ai pu participé, s’est déroulé il y a une quinzaine de jours au centre d’essai Bridgestone en Italie. Cette fois-ci, c’est une Volkswagen Golf qui s’est élancée, sur une piste détrempée, chaussée de pneus de la marque. A une vitesse stabilisée de 90 km/h, il nous a fallu 29m pour stopper la compacte allemande. Même exercice, même route détrempée et même vitesse, mais cette fois ci, la Golf était équipée de pneus Hifly. Résultat : l’auto s’est arrêtée au bout de 33m. 4m de différence qui peuvent s’avérer vitaux. Et la mauvaise tenue des gammes chinoises s’est également vérifiée lors des tests en courbe, toujours sur un revêtement trempé : la voiture sort de sa trajectoire, alors qu’elle reste parfaitement en ligne avec les pneus occidentaux

Pourtant, les pneus low cost, comme ceux des grandes marques, sont parfaitement homologués. Ils sont tous aptes au service selon les normes ISO en vigueur pour être homologué en Europe. Mais on ne leur demande pas grand chose pour pouvoir être distribués sur le vieux continent. Une bonne résistance à la chaleur pour ne pas éclater, des flancs et des surfaces de roulement suffisamment épaisses pour éviter le même désagrément. Et c’est à peu près tout. La tenue de route n’est pas prise en compte. Pour tenter d’améliorer les choses, l’Union européenne exige néanmoins depuis 2012 que chaque gomme vendue dans les pays membres soit accompagnée d’un étiquetage spécifique. Deux pictogrammes notent le produit de A à G. Le premier mesure ses qualités en matière d’économies de carburant et de rejet de C02 (de mauvais pneus peuvent faire grimper la consommation de 20%). Le deuxième note sa bonne tenue sous la pluie. Enfin, un troisième pictogramme indique le nombre de décibels émis au moment du roulement. Autant dire qu’il vaut mieux fuir si les notes des deux premiers schémas sont en deçà de C sur les gommes que l’on a choisies.