Ca y est, elle est dispo. Elle, c’est la toute nouvelle appli Le.taxi qui permet à tous de commander un taxi depuis son Smartphone, comme on le fait pour le premier Uber venu. C’est une excellente nouvelle. En revanche, ce qui l’est moins, c’est que le logiciel qui permet dorénavant à toutes les compagnies de taxi d’être répertorié sur l’appli a été développé et, surtout, payé, par l’Etat, donc par nous même. Et l’affaire coûte cher : le développement du service a mobilisé quatre agents publics pour un coût de 250 000 euros. Et il convient d’ajouter à cette somme rondelette, 500 000 euros de frais de fonctionnement par an. Mais que diable, l’instance publique est elle allée fourrer son nez dans une affaire, à priori strictement privée ? Pour se justifier, le gouvernement s’est caché derrière un texte de 2014 qui figure dans la loi Thévenoud et qui stipule qu’il est censé mettre en place un « registre de disponibilité des taxis. » Mais la vérité est peut-être à chercher ailleurs. En janvier dernier, les taxis, une nouvelle fois en grève pour lutter contre les VTC et leur concurrence déloyale, ont exigé du gouvernement une compensation financière. Et notamment le remboursement de la licence qu’il doivent obligatoirement acheter pour travailler. Elle s’élève, rappelons le, à 150 000 euros à Paris. Pas rien, alors qu’un Uber ne paie strictement rien. L’Irlande a payé, et les taximen hexagonaux voudraient que l’Etat français en face autant. Sauf que la note est salée et le gouvernement n’a pas du tout envie de débourser les 8 milliards réclamés. Alors, pour calmer les chauffeurs fâchés, il leur a offert cette appli. Une manière de faire des économies.