Le coup de tonnerre de ce matin n’en finit pas de faire des ravages. Et on est loin d’avoir mesuré l’étendue des dégâts du référendum anglais. Ainsi, quand l’Angleterre claque la porte de l’Union européenne, l’automobile s’enrhume. A commencer par les marques britanniques Jaguar et Land Rover. Certes, elles sont aujourd’hui détenues par l’Indien Tata, mais les 4×4 comme les voitures de luxe sont toujours fabriquées de l’autre côté du Channel. Bien avant le référendum d’hier, ses dirigeants avaient prévenu l’agence Reuters, expliquant qu’ils s’apprêtaient à perdre près d’1,5 milliards d’Euros d’ici 2020 en cas de sortie du Royaume Uni de l’UE. Voilà qui est fait et l’Indo Britannique n’a plus qu’à compter son manque à gagner lié au déficit de change lié à des prix fixés dans une Livre fortement dévaluée. L’autre grande victime de ce Brexit est Nissan qui, dans son usine mastodonte de Sunderland fabrique chaque année 500 000 autos dont son Qashqaï bestseller. Dans ce port anglais, la facture risque également d’être salée. Même combat pour Toyota dans son usine de Burnaston dans le Derbyshire. Mais à ces constructeurs qui produisent en Grande-Bretagne, il convient d’ajouter tous ceux qui y vendent leurs autos. En commençant par Opel dont les voitures rebadgées Vauxhall de l’autre côté de la Manche sont presque considérées comme des voitures anglaises et représentent pour la filiale européenne de General Motors, un marché essentiel. Mais c’est aussi le cas de Renault et Peugeot qui dès ce matin dévissaient respectivement de 14 et 15% à la Bourse de Paris, en raison, là encore des mauvaises perspectives du marché britannique et des tracasseries programmées qu’impliquent une sortie du marché unique.

Le Brexit fait caler l’automobile anglaise
Pour autant, les anglais continueront d’acheter des autos. En revanche, continueront-ils d’en fabriquer ? Rien n’est sûr dans cette période d’incertitudes. Certains constructeurs regardent de très près l’impact de ce Brexit et risquent de revoir sérieusement leurs investissements dans la blanche Albion.


