Dans l’esprit des gens, un pneu c’est rond, c’est noir et embêtant à changer. Pourtant, un pneu c’est tout un univers complexe et intéressant :  les nouvelles générations de pneus premium sont moins énergivores et améliorent la sécurité. Sous la pression des constructeurs de véhicules et des nouvelles attentes des consommateurs, le pneu évolue en permanence. Dans quelques années, d’autres matériaux encore plus performants les composeront et d’ici 20 ans on aura substitué le pétrole par d’autres matières moins polluantes. Le tout sans faire exploser le prix du pneu, un paramètre capital pour les consommateurs que nous sommes.

ecopia Bridgestone

Nos boudins n’ont l’air de rien. Mais certains sont « verts ». Les premiers pneus « écolos » ont vu le jour au début des années 90. A l’époque, leur résistance au roulement avait été diminuée mais c’était très moyen sur route mouillée au niveau du freinage. Aujourd’hui, il existe des pneus moins énergivores mais qui conservent toutes leurs qualités en matière de sécurité. Les manufacturiers continuent à développer leur savoir-faire pour limiter encore plus la résistance au roulement. Bridgestone, par exemple, a créé la gamme ECOPIA qui combine cette faible résistance au roulement et de bonnes performances conservées sur sol mouillé. On peut espérer économiser entre 0.2 et 0,4 l/100 km avec des pneus à faible résistance au roulement. Cela peut peut-être paraitre faible pour l’automobiliste lambda mais il faut imaginer les économies réalisées à grande échelle dans le cadre d’une flotte de nombreux véhicule. Ces pneus moins énergivores existent également pour les poids lourds sous la même appellation  ECOPIA : leur utilisation constitue une sacrée économie de carburant et, à fortiori, moins de CO2 rejeté dans l’atmosphère.

Pneu ecolo

Mais au fait, de quoi est fait un pneu vert ?

Pour lever le mystère, j’ai interviewé Didier Félix, spécialiste produit chez Bridgestone. Il nous explique qu’il faut agir sur 3 éléments. Le spécialiste évoque également le pneu de demain.

1- Le composé de gomme. « Dès que l’on roule, le pneu se déforme en permanence. C’est pour cela que nous essayons de réduire le frottement entre les différentes molécules composant la bande de roulement. Celle du pneu hiver est plus profonde que celle d’un pneu été et perd donc plus d’énergie. C’est cette dispersion d’énergie qu’il faut limiter. Moins le pneu génère de chaleur, plus la résistance au roulement diminue et plus il économise du carburant« .

A retenir : le pneu hiver génère plus de chaleur qu’un pneu été et disperse donc plus d’énergie

2- Le dessin de la bande de roulement. « Les dessins des pneumatiques n’ont plus rien à voir avec ceux d’il y a 3/4 générations, poursuit Didier Félix de Bridgestone. Adieu les entailles très profondes et les gros pavés pour avoir une bonne adhérence. Les pneus ont désormais des dessins plus lignés avec moins de découpe afin de moins consommer sur la route ».

A retenir : une des grande évolution du pneu se voit à l’oeil nu. Il suffit d’observer les dessins de vos pneus.

3- Les matériaux. « Au niveau de la carcasse, les matériaux sont plus légers qu’avant. Les pneus sont 20% plus légers qu’il y a 20 ans. Et cet allègement a une influence directe sur la résistance au roulement et les émissions de Co2. »

Un pneu vert, c’est super, mais il ne sert à rien si vous n’injectez pas la bonne pression dans vos pneumatiques (lorsqu’il manque d’air, un pneu chauffe davantage) et si vous n’avez pas mis 4 pneus à basse consommation.

Le pneu du futur

A quoi ressemblera un pneu dans l’avenir ? « En travaillant les pneus de la BMW i3, Bridgestone a conçu un pneu étroit et très haut afin d’abaisser un maximum la consommation. Agrandir le diamètre des jantes et réduire la largeur du pneu sera l’enjeu du pneu du futur pour les citadines« .