En général, les mesures en faveur de la Sécurité routière mettent les automobilistes dans tous leurs états. C’est comme un coup de baguette magique : il suffit de légiférer et hop, on grogne, on hurle (moi la première) à la privation de liberté, ou pire, à la fin de la démocratie.

Vitres teintées : depuis 2010 le conducteur doit pouvoir regarder de chaque côté

Ca se vérifie à travers l’exemple tout récent de l’interdiction des vitres teintées. Une décision prise à la suite du conseil interministériel de la sécurité routière du mois dernier. Une mesure qui, en toute logique devait passer comme une lettre à poste du temps où l’on envoyait des lettres. Car voilà des années que ces vitres sont interdites pour les constructeurs qui se contentent donc d’assombrir l’arrière en fabriquant leurs voitures. Le législateur a décidé qu’il fallait aussi prolonger cette interdiction à la deuxième monte et empêcher les conducteurs de coller des films (pas toujours très bien collés d’ailleurs) sur les vitres avant, ce qui est en parfaite cohérence avec la première loi. Que n’avait-il pas fait là…

Car tous ceux qui prétendent défendre nos libertés s’agitent. 40 millions d’automobilistes y voit une atteinte directe à l’emploi, puisque 1800 d’entre eux seraient directement menacés et d’autres se demandent pourquoi les voitures officielles, elles, ont droit aux vitres fumées mais pas nous.

Alors, aux uns comme aux autres, on peut leur expliquer que nous sommes tous contre la mort, et que si, un jour on découvre le secret de la vie éternelle, se lèveront ils pour défendre les croque-morts dont l’emploi est menacé ? En outre, puisqu’ils trouvent discriminatoire le fait que les véhicules officiels continuent d’obscurcir leurs vitres, peut être doivent-ils manifester contre les gyrophares et les sirènes des voitures de police. Car, après tout, nous pauvres particuliers n’avons pas le droit de les utiliser. Enfin, demandons nous si, par les temps difficiles qui courent, ils n’ont pas de combat plus important à mener que cette défense d’une liberté qui consiste à transformer les vitres d’une pauvre Clio en voiture pimpée de rappeur américain.

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Les contrevenants risquent une amende de 135€ et trois points en moins sur leur  permis de conduire.