Faisons un rêve : celui d’une auto d’une autonomie de 600km, dont le plein, de 50 euros, dure cinq minutes. Une voiture qui, en plus, délivre 163ch, est parfaitement construite et super équipée. Ce rêve s’appelle Nexo et il est signé Hyundai.

Sauf que, comme à la fin de tous les rêves, on finit par se réveiller. Le SUV Nexo, pour plus que parfait qu’il soit, est une voiture électrique qui fonctionne grâce à l’hydrogène. Et pour faire le plein, mieux vaut habiter à côté d’une station qui en délivre et éviter de prendre sa voiture pour partir en vacances, car l’hexagone ne compte qu’une vingtaine de pompes. C’est peu. L’autre phase de réveil du candidat à l’achat d’un Nexo, c’est son prix : 66 300 euros. C’est beaucoup. Évidemment, le client en déduira 6 000 euros de ristourne écologique. Reste que ces deux écueils vont sacrément limiter la carrière de l’engin.

Nexo hydrogène
Anne-Charlotte Laugier à bord du SUV Hyundai Nexo
Photo @MichelHoltz

Nexo : pour montrer la voie vers l’hydrogène

Mais son enjeu est ailleurs que dans les volumes des ventes. Nexo est avant tout une manière pour le coréen de marquer son territoire dans cette technologie et il y croit dure comme fer. Non pas en investissant du bout des doigts, mais en posant 6 milliards d’euros sur la table. Le groupe a foi en l’avenir de cette technologie et construit une usine tout exprès d’ou sortiront les piles à combustible qui vont équiper ce Nexo, mais aussi un cousin de la marque Kia du même groupe pas encore dévoilé. Au total, 18 voitures à hydrogène doivent voir le jour en Corée. Et même ce Nexo n’est pas le premier vaisseau gavé d’hydrogène de la marque puisqu’il succède à un IX35 équipé de la même manière.

SUV Hydrogène

 

Hyundai Nexo : un design de concept car

Sauf que le nouveau venu se détache diablement de l’ensemble de la gamme, avec un design qui n’appartient qu’à lui. Avec des lignes pures seulement altérées par quelques feux à leds, il est peint d’un gris mat qui fait ressortir son dessin de galet. Moins épuré, l’intérieur respire néanmoins une qualité de fabrication rarement atteint à Séoul. Pour y accéder, il faut manier une fermeture de portière qui vient se cacher dans la carrosserie, comme sur un (très cher) Range Rover Velar. Comme chez Rover aussi, l’écran multimédia prend toute la place. Ici il atteint 12,2 pouces. Les boutons de commande aussi prennent de la place, et ils sont légion, étalés sur l’immense console centrale.

Nexo

Nexo : des fonctions high tech

Hyundai s’offre un voiturier 3.0 sur son SUV Nexo

 

Le SUV NEXO est le premier au monde à incruster les images du rétro dans la planche de bord

 

 

Le Nexo sur la route

En route, l’affaire se mène comme une voiture électrique, puisque, après tout, c’est de cela qu’il s’agit. L’hydrogène est converti en électricité au travers d’une pile à combustible qui rejette de l’eau pure dans la nature, ce qui ne lui nuit pas. Cette électricité vient ensuite actionner le moteur situé à l’avant et qui délivre ses 163 et ses 395Nm. Un couple nécessaire pour propulser le très lourd SUV de plus d’1,8 tonnes. Mais il y parvient très honnêtement dans un silence royal. Cet excès de poids est non seulement lié à l’usine à gaz du traitement de l’hydrogène, mais aussi à une batterie complémentaire de 40KW (l’équivalent de celle d’une Zoe) qui est rechargé par les décélérations de la voiture. Reste que cet équipage, à deux roues motrices uniquement, se tient très honorablement sur la route, même si son confort n’est pas ce qui se fait de mieux dans le genre.

Quel avenir pour les autos à hydrogène ?

Mais on peut se demander quel peut bien être l’avenir de cette auto et de ses consœurs hydrogènes (Toyota Mirai et Honda Clarity). L’installation d’une station coûte près d’1 million d’euros et la fabrication d’hydrogène est très énergivore pour le moment. A moins d’un coup de pouce des pouvoirs publics, qui ont déjà fort à faire avec l’installation de bornes électriques classiques, on voit mal l’hydrogène se développer. Même si cette solution est aujourd’hui la seule à garantir une véritable autonomie et un temps de recharge équivalent au thermique. Deux arguments sur lesquels Hyundai entend miser. A moins que, et c’est possible, d’ici quelques années, les voitures électriques simples soient elles aussi capables de se recharger en cinq minutes et de rouler 600 km sans discontinuer.

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