Les détracteurs de l’automobile ont deux cibles : le diesel et les voitures de sport. Alors une GTI au diesel, c’est la provoc maximale. Je pensais que les constructeurs étaient raisonnables et qu’ils n’allaient pas offrir aux pouvoirs publics et à la vindicte un fouet tout neuf pour se faire battre. Sauf qu’ils sont facétieux. Et voilà que, coup sur coup, deux marques, et non des moindres, lancent des GTI diesel flambant neuves.

GTI diesel

Ford Focus ST : pied de nez à la mairie de Paris avec un moteur au mazout

Alors, bravant tous les interdits, je m’en suis allée essayer l’une et l’autre. La plus récente, qui débarque ces temps-ci, c’est la Ford Focus ST. On connaît la sportive depuis 2013, avec son moteur essence de 250ch, même s’il vient de repasser sous le bistouri des designers comme toute la gamme Focus. Mais tout récemment, la sportive de la gamme s’est permis un pied de nez à la mairie de Paris en collant un moteur mazout sous son capot. Au générique : 2l de cylindrée et 185 ch. Quoi ? On voudrait faire passer une berline compacte diesel de moins de 200ch pour une pompe à feu ? Faudrait pas prendre Charlotteauvolant pour une courge non plus. Pourquoi pas, pendant qu’on y est, me laisser croire que la Porsche 911 est un monospace familial ? Mais bravant mes préjugés et mon scepticisme, j’embarque et j’appuie sur start. Et là, je retire tout ce que j’ai dit et pensé, même au fond de mon cerveau reptilien. Le son agricole d’un moteur à gazole ? Oublié dès les premiers tr/minutes. Les vibrations, façon bus RATP, caractéristiques d’un tel moteur ? Évaporées passés 20km/h. L’engin a les accélérations déraisonnables de ses acolytes au sang dénué de plomb. Mieux, son couple phénoménal (380Nm) permet des relances intermédiaires comme personne. Et vas y que je te propulse les occupants de l’auto (une famille s’y tient à l’aise) d’un virage à l’autre. Certes, les petits à l’arrière sont à peu près aussi secoués que les spectateurs d’un concert de Heavy Metal. Car la suspension de cette ST est comme toute l’auto : du genre virile. Mais correcte, et surtout pas de celle qui vous laissent tomber au premier plongeon sur les freins.

GTI Diesel

Golf GTD : relaxation et zénitude malgré le diesel

Mais à peine ébouriffée par cette Ford, voilà que m’attend la Golf GTD. Un gabarit similaire, une puissance presque pareille (184 ch et 380 Nm), sauf que l’Allemande n’a strictement rien à voir avec l’Américaine. On est au royaume de la douceur, du silence, de la belle facture, et du ouaté. Évidemment, les sièges arborent le tissu écossais de sa sœur GTI et son moteur s’envole au premier coup d’accélérateur, tout comme celui de la Ford. Mais sa poussée est linéaire. Surtout, mes cobayes de la banquette arrière ne s’aperçoivent de rien, tant qu’ils ne regardent pas par la fenêtre. Un cocon, un TGV. Une auto à la fois ultra-rapide et hyper-confortable. Le miracle allemand est là, une fois de plus. Les ingénieurs VW ont trouvé le compromis idéal. Une auto calée sur ses rails qui n’a jamais l’impression de faire souffrir ses soubassements, même en cas de très mauvais traitement. Ce que l’on perd en virilité en quittant la ST, on le gagne en souplesse et en relaxation, pour des chronos équivalents.

Du coup je ne sais pas laquelle choisir. D’autant que leurs tarifs sont presque équivalents (à partir de 32 000 euros environ). Alors j’ai trouvé la solution. Je prends les deux. L’Allemande ouatée pour la semaine et l’américaine dévergondée pour les week-ends. En plus, si mon mari trouve que j’exagère, que ce ne sont finalement que des autos moyennes qui manquent de coffre, j’ai la parade. Elles existent toutes les deux en version break. Et toc.

1 COMMENT

  1. Tout celà disparaitra lorsque le gazole sera plus cher que l’essence. Ce qui serait logique, étant donné que le coût de fabrication du diesel est plus élevé que celui du sans plomb

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