Je ne l’ai même pas attendu. Il s’est arrêté à ma hauteur sans que je ne lève la main, que je m’agite, hurle, ou poireaute des heures dans une queue de gens exaspérés. Il s’est avancé en douceur, à ma hauteur. Sa voiture, je ne l’ai même pas entendue, elle semblait glisser sur la route. Une grande berline noire. Il en est sortit d’un pas souple et rapide, a contourné son Allemande rutilante et m’a ouvert la portière, avec son large sourire de beau mec. J’avais une valise, il l’a attrapé, pour la glisser dans le coffre avant de refermer la porte sur moi, en douceur, toujours. Sur ma banquette arrière, en cuir, j’ai attrapé une bouteille d’eau fraîche qu’il avait placée là, juste pour moi, et un bonbon.

Chauffeur de taxi

Mon chauffeur de taxi idéal

Lui, il avait regagné son volant et me demandait où je souhaitais me rendre. Quand je lui ai indiqué l’adresse, il a évoqué trois itinéraires. L’un était embouteillé, me confiait t-il, l’autre plus long. Mais il tenait à me rassurer. « Quoi qu’il arrive, la somme à régler ne change pas. C’est un forfait. Les itinéraires, c’est juste pour le temps passé ». Évidemment, j’avais envie de prendre la route la plus longue pour rester un peu plus longtemps avec mon divin chauffeur, mais j’étais un tantinet pressée. Alors on a pris au plus court. « Vous avez une station de radio préférée ? » me demanda encore le chauffeur. Je l’ai laissé choisir. Mais à mon tour, je lui ai posé une question qui me turlupinait, car quel métier pouvait bien exercer un type aussi courtois ? « Je suis chauffeur de taxi » me dit-il. A ce moment là, mon réveil a sonné. A la radio, une matinale balançait en boucle l’info de la nuit : un client d’UberPop s’est fait tabassé à Lyon. Il a le nez fracturé. Ses agresseurs sont chauffeurs de taxi. Du rêve à la réalité.

1 COMMENT

  1. Les chauffeurs de taxi sont les grands perdants de la guerre taxi-VTC. Et leur violence actuelle est en train de rallier leurs derniers sympathisants dans le camp d’en face.

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