On ne pourra plus dire qu’il n’y a pas de femmes en F1. La talentueuse Margot Laffite rejoindra l’équipe Alpine en 2022. Elle s’est confiée à moi.

Lella Lombardi était la dernière femme à avoir pris le départ d’un Grand Prix de F1. C’était en 1976. Depuis, plus une seule pilote dans les paddocks de la rude discipline où Hamilton domine depuis des années. Mais Margot Laffite se prépare à faire une incursion dans ce sport testostéroné à bloc et à prouver ainsi que les filles ont la résistance physique nécessaire pour supporter les G. Et c’est dans l’écurie tricolore Alpine, que la pilote automobile et animatrice fraîchement quarantenaire, exercera ses talents. « Cela fait cinq ans que je me prépare physiquement dans l’ombre, m’a confié Margot Laffite. Et à force de commenter les courses de F1 et de discuter avec les pilotes, j’ai appris de nombreuses ficelles ! J’ai réalisé en secret de nombreux chrono aussi. La Formule 1. C’est ce qu’il y a de plus puissant, de plus incroyable, c’est le pinacle du sport auto. Émotionnellement et physiquement, c’est incroyable. C’est un coup de poing dans la gueule ». Margot se dit au top de sa forme et affirme que conduire une monoplace de F1, ce n’est pas « si sorcier que ça ». 

TROPHEE ANDROS / VENDREDI 7 DECEMBRE 2012 / VAL THORENS / PHOTO BRUNO BADE /

La pilote-présentatrice a déjà conduit une Arrows de 1999, une Prost Grand Prix de 2001, une Renault de 2009, et depuis peu la monoplace 2021 de Fernando Alonso (Alpine). « On m’a accueilli à bras ouverts et Alpine a eu l’audace de croire en moi, de faire confiance à une femme. Et je les remercie. C’est tout ce dont nous avons besoin, nous, les filles dans cet univers réservé aux hommes. Grâce à eux, je suis prête à prouver que les femmes ont toute leur place dans une monospace ! ».

Margot Laffite, prochaine femme pilote en F1

Margot Laffite a de l’essence qui coule dans les veines. L’atavisme est là, bien présent. Car la pilote n’est autre que la fille de Jacques Laffite qui a disputé 176 Grands Prix de Formule 1 et remporté six victoires entre 1974 et 1986. C’est en 1995, au Mans, que la pétillante brunette voit son père courir sous ses yeux pour la première fois. Ce dernier lui transmet sa passion pour les voitures et les courses en passant de longs moments, avec elle, sur les circuits automobiles. 

Avec son père, Jacques Laffite, à gauche

Au début des années 2000, Margot Laffite décide de se lancer à son tour et de devenir pilote automobile. En 2005, elle remporte haut la main le Trophée Andros puis multiplie les championnats, d’Europe notamment mais aussi l’Eurocup Mégane Trophy. Son talent éblouit. Pourtant, on la fait dériver vers les plateaux télé. En 2011, la chaîne Eurosport lui propose de présenter l’émission Dimanche F1. Aussi à l’aise devant caméra que derrière un volant, Margot poursuit sa route dans l’émission Formula One diffusée sur Canal +. Heureuse d’être sacrée Spécialiste F1, son sport favori, une seule chose continuait à manquer à Margot, maman d’un garçon mis au monde en 2015 et d’une fille l’an dernier : piloter à vive allure sur les circuits. « Cela n’a pas été facile de m’entraîner pendant ma grossesse, mais vous savez, aujourd’hui, il existe plein de techniques pour garder la forme et les réflexes, m’a-t-elle expliqué. Il ne faut pas sous-estimer l’e-Sport par exemple. La course virtuelle donne plus de résultat qu’un entrainement conventionnel ». 

De son côté, Alpine qui vient de reprendre le flambeau de Renault sur le GP de Barhein remporté, ce week-end, par le grand Hamilton (Mercedes), croit en sa nouvelle recrue : « La F1 reste un sport très physique mais est-ce une raison pour rester sexiste ? Nous croyons au potentiel, à la ténacité et au talent de Margot Laffite. Si vous mettez des femmes dans un simulateur, elles font des temps comparables à ceux des hommes. Et Margot a réalisé des chronos incroyables en off à bord de notre monoplace, sur de vrais circuits. Elle prouvera au monde entier qu’elle est performante ». 

L’univers de la F1 évolue

Plus qu’à attendre le 1er avril 2022, sur ce même circuit de Barhein, pour revoir enfin une fille en F1. Et pas n’importe laquelle. Si les femmes pilotes restent minoritaires dans l’univers de la F1, Margot Laffite, après la Suissesse Simona de Silvestro et Susie Wolff, prouve qu’il est en train d’évoluer. Ceux qui pensent qu’une femme est incapable de piloter une F1 n’ont qu’à bien se tenir !