« Tout faire pour sauver des vies ». On apprécie la volonté du premier ministre Manuel Vals. Mais il a beau être catalan, il n’en n’est pas pour autant obéi par ses troupes. Prenez Bernard Cazeneuve, son ministre de l’interieur rebelle. Au lieu d’obéir à son boss, le voilà qui nous pond 81 mesures répressives, sans la moindre avancée en terme de formation ni de prévention ce qui serait, c’est du bons sens que même ma grand-mère aurait pu comprendre, la meilleure manière de sauver des vies. Je sais, je sais, : il n’y a pas une personne en vue pour mettre sur pied une vraie formation à la conduite, avec des circuits, des moniteurs formés et tout le tremblement. Mais quand même, souhaite t-il rembourser la dette par le seule biais des radars ? Ca y ressemble drôlement. Seule la généralisation des éthylotests ou des tests salivaires de drogue, sont louables dans ce fatras de décisions. Les autres, toutes les autres, visent uniquement à freiner les autos, et à ponctionner le porte-monnaie conducteurs.

radars sous traités

Les radars sous-traités au privé : grand business en vue

Pour y parvenir, le piège reste la meilleure manière. Cette manie française atteignant ses limites, nos gouvernants n’ont pu la confier à des forces de l’ordre déjà archi-bookées. La bonne idée ? Refiler le bébé à des boîtes privées. C’est déjà le cas pour la gestion du parc de radars fixes, et ce pourrait être bientôt le cas des radars mobiles. Les mouchards embarqués dans des autos banalisées pourraient donc être conduites par des salariés d’entreprises lambda remplissant leur contrat. Et nul doute que les pauvres gars au volant ne pourront pas, comme certains agents publics, juger par eux-mêmes d’une application de la loi au cas par cas, mais ils useront d’un systématisme réclamé par leur employeur et son goût du profit. La politique du chiffre devenant politique tout cours, on peut parier sur le succès de ces boites et on devrait se dépêcher d’en acheter quelques actions. En attendant de nous enrichir nous aussi sur le dos des automobilistes, nous voilà plongés dans un stress permanent, une loterie quotidienne où l’on respire lorsque l’on parvient à boucler un trajet sans perdre des points et de l’argent. Mais apparemment, nous sommes devenus des délinquants de la route parce qu’on roule 20km de plus au-dessus de la moyenne sur une autoroute de nuit, sans personne devant ni derrière nous.

Les salariés dénoncés par leurs employeurs

Dans sa chanson « Exercice de simple provocation », mon chanteur préféré Hubert-Félix Thiéfaine écrit : « J’me sens coupable d’avoir une gueule à être dénoncée« . C’est exactement ce que je ressens vis-à-vis d’une autre mesure que je juge ridicule et inutile : celle obligeant les représentants légaux à désigner le coupable sous peine de lourde amende. Autrement dit, on demande aux entreprises de dénoncer leurs employés qui perdent, au bout de la route, leur job. Applaudissons des deux mains ce grand retour de la délation légalisée. Comme au bon vieux temps, on joue des bas instincts des Français, de leurs plus sourdes jalousies, de leur penchant nauséabond à balancer le voisin. Mais après tout, peut-être que, à 3 semaines de l’ouverture de la COP 21, ces mesures répressives constituent un message écolo envoyé aux français, en les obligeant à prendre leur vélo, seul recours pour y échapper.

1 COMMENT

  1. C’est vrai qu’on dirait que nous revoilà sous le règne de Sarko avec sa répression à tout va sans une once de prévention.

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