Dakar 2018 : Laia Sanz, la princesse des sables à moto

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À 31 ans, la pilote espagnole Laia Sanz joue les premiers rôles au rallye Dakar depuis sa première participation, en 2011. Portrait d’une battante.

Samedi soir, à Uyuni. Les premières motos viennent de pénétrer dans la caserne du 4 e régiment d’infanterie de l’armée bolivienne qui fait office de bivouac. Ce soir-là, c’est « étape marathon » sur le Dakar : les pilotes sont seuls pendant la nuit, privés de leur assistance technique pour réparer les machines. Tous, amateurs comme professionnels, sont logés à la même enseigne et doivent dormir dans l’un des grands dortoirs de la caserne.

Femme Dakar

Laia Sanz atteint la 9 e place au Dakar en 2015. @A.S.O/Photosdakar

Déjà son huitième Dakar
Laia Sanz (31 ans) vient de s’installer sur un lit superposé. Elle a revêtu les habits offerts par l’organisation, un sweet jaune et des chaussons molletonnés. « Ce type de journée, c’est plutôt bien parce qu’on peut échanger avec tous les pilotes, confie-t- elle. Mais c’est sûr que je préfère rester dans mon motor-home après une journée sur les pistes ».
La pilote espagnole a l’habitude de ces journées et des subtilités du Dakar. Et pour cause : elle y participe pour la huitième fois, elle qui a déjà atteint la 9 e place en 2015. Cette année, à l’issue de la 8 e étape dimanche, elle figurait d’ailleurs au 13 e rang au classement général. Son palmarès est riche de treize titres de championne du monde de trial féminin, de deux champions du monde d’Enduro et même de trois médailles d’or aux X-Games.

Laia Sanz

« L’an dernier, la plupart des concurrents avaient regretté le manque de difficultés, explique-t- elle. Mais là, nous avons retrouvé l’ADN du Dakar ».@A.S.O/Photosdakar

« Nous avons retrouvé l’ADN du Dakar »
Depuis le départ du 40 e Dakar à Lima (Pérou), elle continue à jouer aux avant-postes de la course. « Je me sens vraiment bien sur ma moto, souligne la pilote KTM. J’ai perdu peu de temps depuis le début, sans faire beaucoup d’erreurs ». Pourtant, sa présence dans le Top 10 ne l’empêche pas de vivre quelques galères comme ce samedi en Bolivie. « C’était une étape très difficile et j’ai perdu du temps en navigation, explique-t- elle. Le sable était très mou et s’était dur d’avancer. J’avançais plutôt bien avant d’être ensablée et de perdre du temps précieux ».
Mais Laia n’est pas vraiment le style de personne à se plaindre, surtout face aux difficultés. « L’an dernier, la plupart des concurrents avaient regretté le manque de difficultés, explique-t- elle. Mais là, nous avons retrouvé l’ADN du Dakar. Les premières étapes au Pérou (où l’épreuve n’était plus retournée depuis 2015), composées majoritairement de dunes, étaient vraiment agréables. C’est un Dakar compliqué mais nous sommes tous là pour ça. » Elle vise une place dans les quinze premiers et sa constance lui permet d’y croire fortement.

Dakar 2018

@A.S.O/Photosdakar

« J’ai réussi à gagner la confiance de tous »
Très suivie en Espagne, Laia Sanz a longtemps été un symbole, démontrant que la performance, en rallye-raid, n’était en rien une question de sexe. De l’autre côté des Pyrénées, rares sont les Espagnols à ne pas avoir entendu son histoire, celle d’une gamine de quatre ans qui « piquait » la moto de son frère pour aller s’entraîner avec son père. À ces grands débuts, les catégories féminines n’existaient pas. Le destin de Laia s’est toujours inscrit lors de compétitions considérées à tort comme dévolue aux hommes.
Elle qui a tant répondu à ces questions veut rester simple sur ce sujet : « depuis mon premier Dakar, en 2011, ma présence est devenue normale comme pour tous les autres concurrents. Je pense que j’ai réussi, grâce à mes performances, à gagner la confiance de tous ». L’Espagnole qui espère terminer dans les quinze premières places de ce Dakar qui s’achève samedi prochain à Cordoba (Argentine) sait qu’elle peut être un modèle pour des jeunes filles désireuses, elle aussi, de rouler dans les grands espaces. Laia Sanz conclut : « Si une jeune fille rêve de participer à des compétitions prestigieuses, il faut seulement qu’elle travaille dure. C’est l’unique condition pour faire ce que l’on veut ».

Texte Antoine Grenapin

Crédit photos : @A.S.O/Photosdakar

2 Comments
  • Lemarié
    janvier 18, 2018

    Un très grand respect à cette jeune fille Laia Sans ! elle ne fait penser à Livia Lancelot quel bonheur de l’avoir roulé dommage qu’on ne la vois pas plus à la télévision ? Je suis un de ses grands fans ! Chapeau Madame.
    BRUNO LEMARIÉ , Montpellier ( 20 ans de moto cross )

  • Lemarié
    janvier 18, 2018

    PS : MERCI Madame Anne Charlotte Laurier pour ce très beau reportage sur Laia. Un grand respect à vous mes d’ânes !
    Bruno Lemarié ( motocross & pilote de drone pro )
    Au plaisir.

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