Dakar 2018 : Florence Pommerie, l’urgence dans la peau !

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Médecin-chef du Dakar depuis 2006, Florence Pommerie dirige un service itinérant de 63 personnes avec entrain et compassion. Elle raconte.

Les téléspectateurs assidus du Dakar et du Tour de France la connaissent : elle fait partie des personnalités incontournables de ces deux événements. Fluette, souriante, Florence Pommerie dirige le service médical de la course cycliste en juillet et du rallye-raid le plus éprouvant au monde en janvier.

Dakar 2018 AMBIENCE/LA PAZ-UYUNI – PHOTO : ASO/@World/N.Katikis

Son bureau au Dakar ? Une grande tente blanche située au cœur du bivouac. Pendant la journée, elle coordonne les services, s’attache à rapatrier les blessés et à prodiguer les premiers diagnostics.
Cette année, d’ailleurs, la rudesse de la 40 e édition du Dakar a provoqué de nombreux abandons. « Généralement, nous avons des journées bien plus denses que d’autres, confie Florence Pommerie. Mais dans ce Dakar-là, avec la difficulté des premiers jours au Pérou, on est vraiment sollicité tous les jours ». Amateurs comme pilotes professionnels, personne n’est épargné.

Des abandons en pagaille

Florence Pommerie

SUNDERLAND JEFF (USA), NISSAN, auto, car, portrait, accident, during the Dakar 2018, Stage 4 San Juan De Marcona to San Juan De Marcona, Peru, january 9 – Photo Eric Vargiolu / DPPI

Au cours de la première semaine, Sébastien Loeb a été contraint à l’abandon alors que son copilote, Daniel Elena, s’est fracturé le bassin. Le motard Sam Sunderland, tenant du titre, a également été victime d’une chute violente, tout comme le Français Adrien Van Beveren alors qu’il menait au général.
Multiples fractures, pneumothorax, contusions : les types de blessure varient grandement. « Les chutes sont le plus souvent très spectaculaires, abonde Florence Pommerie. J’ai toujours du mal à comprendre comment les pilotes font pour ne pas avoir peur ». Habituée à gérer l’urgence, elle connaît mieux que quiconque la réaction des pilotes. « Dès que nous intervenons après une chute ou un accident, il y a une montée de stress chez eux. La plupart veulent même que l’hélicoptère les ramène directement en France ! ».

Florence Pommerie : « Peut-être que je suis hyperactive »

Florence sait que les jours qui suivent l’intervention médicale sont parfois difficiles, immisçant le doute dans l’esprit des compétiteurs. Pourtant, la plupart remonte sur la moto et revienne, comme Eric Croquelois, cinq Dakar à son actif qui, malgré une chute violente il y a deux ans, s’apprête à retenter l’aventure l’an prochain.
Pour Florence Pommerie non plus, la question du retour chaque année au Dakar ne se pose pas. « Peut-être que je suis hyperactive », sourit-elle. D’abord externe au Samu de Paris, elle s’installe dans le « 93 », à Bobigny où elle est en poste depuis plus de 20 ans. À ceux qui lui parlent « d’interventions chaudes » Florence rétorque, comme dans VSD il y a quelques mois, qu’elle y côtoie « des gens heureux de vous voir ». En novembre 2015, c’est elle qui dirige son équipe à Saint-Denis pendant la traque par le Raid d’Abdelhamid
Abaaoud, l’un des responsables des attentats de Paris.

Dakar 2018

Dakar 2018 AMBIENCE/LA PAZ REST DAY
– PHOTO : ASO/@World/N.Katikis

« J’aime l’ambiance des événements sportifs »

Le Dakar, elle le découvre en 2006 alors que Mutuaide, dont elle est directrice médicale, remporte l’appel d’offre « assistance médicale » de l’épreuve. Cinq ans plus tard, ce sera le Tour de France. « J’aime l’ambiance des événements sportifs, la proximité que l’on peut avoir avec les concurrents et leurs familles », confie-t- elle. Les journées sont occupées à assurer la logistique des blessés, à veiller à bien prodiguer
les premiers soins. Et puis il y a ce qu’elle appelle « la logistique personnelle » et ses quatre enfants, tous fans de basket. Comme pour un match, chaque étape sur le Dakar est éprouvante, longue et rythmée. « Quand nous terminons une journée en ayant réussi à prendre tous les blessés en charge et à rassurer les familles, on est vraiment heureux ». Il n’y a plus qu’à souffler avant une nouvelle journée au bivouac.

TEXTE : Antoine Grenapin

 

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