« Pourquoi perdre quand on peut gagner ? ». Tel pourrait être le slogan de la consommation collaborative. Apparue dans les années 2000, la consommation collaborative n’était alors qu’un micro-phénomène. C’est désormais une véritable tendance. Ce nouveau mode de consommation plus rationnel éclot sous plusieurs formes : covoiturage ou location de voitures entre particuliers façon Airbnb. Effet tsunami : ces nouveaux modes de mobilité concernent aussi bien les particuliers que les entreprises.
« Proposer un service innovant et des solutions inattendues »

Signe que la consommation collaborative a bel et bien le vent en poupe : la RATP vient juste de placer ses billes (ndlr, 18 Mai 2017) dans l’autopartage en investissant dans Communauto. Parallèlement, des services comme Drivy, OuiCar, TravelCar, ZapMeta, Mobigo en Bourgogne, Renault Mobility, Koolicar… fleurissent. « Cet effort pour partager son auto prouve que les mentalités changent » m’explique Lotfi Louez, le co-fondateur de TravelCar.com qui a vraiment mis les gaz (tout en réduisant les pots d’échappement ) depuis 2013. Créée en 2012, la start-up revendique, à ce jour, plus de 400 agences et 500 000 utilisateurs dans 12 pays européens. Pour Lotfi Louez, entrepreneur dans l’âme qui, après Los Angeles, s’apprête à ouvrir une agence à San Francisco, tout le challenge réside dans le fait de « proposer un service innovant et d’offrir des solutions auxquels les consommateurs ne pensent pas« . Sur l’Ile de la Réunion, TravelCar, qui a racheté Tripdrive et Carnemise, fait un carton. Dans les aéroports d’Orly et Roissy, aussi. « Les jeunes sont bien moins attachés à la voiture et les gens ont compris que louer via TravelCar coûtait bien moins cher que Hertz. Du point de vue du propriétaire qui loue son véhicule, on ne lui fait pas miroiter un revenu supplémentaire, mais des économies effectives ». Grâce à la mise en place d’une assurance avec la MAIF, certains osent même louer leurs voitures de sport.

Les femmes : cible parfaite de l’autopartage
La cible parfaite de l’autopartage ? Les femmes. « Elles aiment dénicher les bons plans, décrit Lofti Louez. Plus sensibles à l’environnement, elles n’ont pas le même attachement à la voiture. Du coup, elles prêtent et louent des autos plus facilement ». La force de l’autopartage ? Utiliser une ressource non utilisée. « Aujourd’hui, la voiture individuelle est inexploitée 95 % du temps » reconnaît l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Dans un rapport sur les déplacements à l’horizon 2050, l’Ademe pronostique que le nombre de véhicules se réduira de 35 à 22 millions. Ce que l’association France Nature Environnement (FNE) traduit par la « fin du tout-voiture solo » dans un guide à destination des élus et des décideurs.
Grâce à la très forte croissance des secteurs de la location, de l’autopartage et du covoiturage, le paradigme de la mobilité semble progressivement passer de la possession à l’utilisation de la voiture. Pour Frost & Sullivan, le secteur de la mobilité serait donc sur le point de connaître encore une énorme mutation. De plus, ces nouveaux modes de mobilité touchent aussi bien les particuliers que les entreprises. C’est notamment le cas de l’autopartage qui a énormément gagné en popularité ces dernières années. Avec une croissance de 50% des abonnements, l’autopartage est désormais adopté par les entreprises. Ces dernières voient en l’autopartage une alternative à leur parc auto souvent coûteux. Ainsi, Frost & Sullivan estime que d’ici 2018-2020, 80 000 véhicules devraient fonctionner en autopartage dans les entreprises en Europe.
« Ce qu’il va certainement se passer, c’est que plus personne ne sera possesseur d’une voiture ! Si vous pouvez accéder à la mobilité il est plus adéquat d’acheter le contenu que le contenant » explique le chercheur Alain Kornhauser de l’Université de Princeton qui travaille sur les véhicules autonomes.
QUELQUES CHIFFRES :
- Durant la dernière décennie, la répartition de la population urbaine mondiale est passée de 25% à 50%. Plus de 3 milliard d’individus vivent actuellement en ville. Dans 25 ans, il y’aura 9 milliard de personnes qui cohabiteront en milieu urbain, soit plus de la population mondiale totale d’aujourd’hui. En 2005, près de 890 millions de véhicules parcouraient la planète (CCFA, 2005). En 2007, le milliard était dépassé. De 1955 à 2005, l’augmentation de leur nombre a été environ trois plus rapide que la croissance de la population. Les Etats-Unis restent le pays le plus motorisé du monde avec 844 véhicules pour 1000 habitants en 2007. Selon les Nations Unies, le parc automobile mondial devrait tripler d’ici 2050, alimenté à 80% par les économies en développement.
- Le chiffre d’affaires mondial de l’autopartage B2C devrait être multiplié par sept d’ici à 2021, selon une étude du Boston Consulting Group. En Europe, le tiers des titulaires d’un permis de conduire vivant dans de grandes agglomérations, seront inscrits à un service d’autopartage. A côté des services d’autopartage entre particuliers comme Drivy et Ouicar, les constructeurs automobiles français Renault et PSA investissent également ce marché.



