Ventes de voitures : il ne suffit pas de cliquer et de collecter pour gagner.

Pendant ce deuxième confinement, les shows-rooms sont fermés. Pour calmer la profession, l’exécutif en appelle au click&collect. Mais ce qui peut fonctionner pour un livre ou un grille-pain n’est pas forcément la formule gagnante pour l’automobile. Résultat : 70% de ventes en moins depuis le début novembre.

Certes, pour ce confinement épisode 2 de la saison 1, les concessions automobiles n’ont pas totalement tiré le rideau. Les ateliers sont ouverts, et l’entretien comme la réparation est autorisée. Pour la vente : c’est comme pour les libraires et les magasins de vêtements avec le «click and collect». Une fois l’achat finalisé, les vendeurs de voitures peuvent livrer sur rendez-vous des autos aux clients dans les shows-rooms ou chez. Mais pas question de venir rencontrer les vendeurs physiquement en concession, du moins dans un premier temps. Les clients découvrent les véhicules en ligne sur les configurateurs des constructeurs, puis discutent avec le vendeur via le téléphone ou une visioconférence planifiée.

Le hic, c’est que ce phygital (un mélange de physique et de digital) manque un peu de physique. Et que l’on a peut être négligé dans ce joli procédé, la part de n »gociation, de reprise de l’ancien véhicule et de petites ristournes obtenues après discussion. Car une visio même avec la fibre, ne vaut pas un face à face, et lorsqu’il s’agit d’évoquer une dépense de plus de 21 000 euros (prix moyen d’achat d’une auto française) une webcam ne suffit pas. 

Résultat : les commandes ne sont pas signées, ou très peu. Elles se sont effondrées de 70% depuis le début du mois de novembre et le reconfinement n’est pas terminé. De nombreux consommateurs ont reculé leur achat automobile et risquent d’attendre la fin du confinement pour se décider in fine. En plus, le gouvernement, pour aider la filière a eu une fausse bonne idée : celle de l’actuel bonus écologique, qui devait être réduit au 1er janvier prochain, jusqu’au 30 juin 2021. Ce qui conforte encopre plus les consommateurs dans l’idée de reporter leur achat. 

Pas question pour autant de repousser la digitalisation de la vente automobile. Et le Covid accélère cette bascule. Mais si les consommateurs, à 80% acceptent de choisir leur modèle, et de le configurer précisément, d’en choisir la couleur et les finitions via le web, ils souhaitent encore et toujours dealer avec un vendeur en chair et en os et en face à face. Alors, en attendant que les acheteurs soient convaincus de procéder totalement en ligne, la filière automobile s’inquiète et réclame à l’éxécutif, la réouverture des shows-rooms dès cette semaine. Car les projections de ventes annuelles ne sont pas bonnes : elles ne devraient pas dépasser 1,5 millions de voitures, soit une baisse de 30% par rapport à une année standard. Un marasme qui fait craindre à la PFA (plate-forme française de l’automobile), l’organisme qui réunit les professionnels, la suppression de 60 000 emplois au cours des mois à venir. La réponse de Bercy est attendu d’ici trois jours.