C’est un club ultra-sélect, c’est même le tout premier dédié à l’automobile créé à travers le monde, puisqu’il date de 1895. Sauf que 100 et une broutille d’années plus tard, l’ACF (Automobile Club de France) devrait ouvrir un peu ses fenêtres pour rafraîchir l’air compassé et vieille France d’une maison où la cravate et la veste sont toujours obligatoires. Mais surtout, pour y accueillir des femmes, ce qu’il s’est toujours refusé de faire.

ACF : un cercle privé réservé aux hommes

Ainsi donc un cercle privé, qui compte quelques 2 200 membres triés sur le volet, et cooptés entre eux, hormis le Président de la République, le Prince de Monaco et le Roi des Belges, admis d’office, fait comme si de rien n’était, comme si les femmes n’avaient pas droit au chapitre. Comme si nous étions toujours, et à jamais, en 1895. #metoo et la parité ne passeront jamais par ce lieu coulé dans la naphtaline. Une remarquable naphtaline d’ailleurs, puisque le siège de l’ACF se niche Place de la Concorde à Paris, juste à côté de l’hôtel Crillon. Un écrin de luxe où ces messieurs, loin des enquiquineuses, peuvent discuter entre mâles, et s’ébattre dans la piscine construite par Gustave Eiffel. Sur 11 000 mètres carrés, ils sont à leur aise pour se remettre des tracas de la vie et de la ville, même si une bonne partie des locaux est aujourd’hui louée à la FIA (Fédération Internationale de l’Automobile) et à son président Jean Todt. L’accès à la fédé est ouverte, oh scandale, aux dames, comme le sont quelques salons utilisés pour des réceptions.

ACF : L’automobile ne serait pas une affaire de femmes

Mais pour être membre du club, on repassera. Car l’automobile n’est, pour les élites du milieu et les adhérents de l’ACF, pas une affaire de femmes. Pensez-donc, que serait la France si elles pouvaient passer leur permis de conduire et si elles achetaient des voitures, les pauvrettes. Et puis, on ne change pas une tradition comme cela, voyons. C’est sûr, il y faudrait un simple avenant à la charte, une toute petite décision prise au cours de l’assemblée générale annuelle. Mais c’est apparemment beaucoup trop demander à ces quelques messieurs trop tranquilles. Peut-être faudra t-il attendre qu’un futur Président de la République soit une Présidente admise d’office pour changer les choses.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here