Acheter une auto sur le internet comme on achète une paire de chaussures, c’est la tendance qui s’annonce. L’achat tel qu’il se pratique actuellement, les clients en ont soupé. Selon le récent baromètre de satisfaction clients européens publié par Ipsos et le cabinet Trusteam Finance, seuls 29% des français sont satisfaits de leur garagiste. Un mécontentement qui pousse la profession à réfléchir à son avenir. Et qui a poussé Amazon a enfoncer le clou en vendant sur son site, et avec la complicité du constructeur, une série spéciale de la petite Seat Mii. D’ailleurs, la campagne a tellement bien fonctionné que cette dernière est prolongée de 3 semaines. De son côté, Tesla souhaite développer un système de distribution totalement virtuel en livrant ses voitures à domicile.
L’avenir est aux showrooms
L’avenir ? Presque le présent puisque, selon une autre étude, 88% des acheteurs de voitures dans le monde se sont déjà renseigné sur Internet avant de serrer la main d’un vendeur de voiture. Pousser le bouchon encore plus loin, c’est ce que voudrait faire Thibault Penicaut, Directeur Général France de MotorK qui a conçu et qui vend un configurateur de voitures (DriveK). Un système qui existe déjà, mais le sien doit permettre au concessionnaire de récupérer les données de configuration pour les exploiter lorsque le client vient à sa rencontre. Sans pour autant écrarter le contact humain. Et le contact avec la voiture. « Sur le net, il manque une dimension, précise le boss de MotorK. Il manque le sens du toucher. Lorsqu’on achète une auto, on veut monter à son bord, tester les sièges, passer la main sur la carrosserie. » Et pour lui le garage à la papa, c’est du passé. C’en est fini des concessions classiques, et des agents dans chaque petite ville. « L’avenir est aux shows rooms moins nombreux mais beaucoup plus grands où les modèles seront exposés dans toutes leurs finitions ».
Une autre étude, du cabinet de consulting Eurogroup penche pour une vision quelque peu différente. Aux grands centres en périphérie, elle veut adjoindre de petits shows rooms de centre-ville. Des boutiques qui ne contiendraient qu’un ou deux modèles, mais qui disposeraient de casques de réalité virtuels à travers lesquels le client se retrouverait face, ou à l’intérieur, de la voiture qu’il aura choisi.
Reste que dans tous les cas, ces changements réclament de lourds investissements. Les groupes de distribution, comme les garagistes indépendants, souhaiteront t-ils les endosser ? Rien n’est moins sûr. Surtout si l’étape suivante consiste à virtualiser totalement l’achat d’une voiture et rendrait leur investissement obsolète. Aujourd’hui, 80% des clients n’essaient pas l’auto qu’ils achètent. Peut être que demain, 100% d’entre eux ne la verront même pas avant de l’acquérir.
Ce qui va changer demain
- Vous achèterez votre auto sur le net après avoir pu toucher le modèle que vous aurez vous-même configuré dans un immense showroom. Les tarifs seront plus attractifs et la livraison s’effectuera à votre domicile en 72h
- Les concessions ressembleront à un centre d’essai. 50 voitures seront alignées dans toutes les finitions afin de donner une impression de sur-mesure.
- Les ajustements de votre modèle configuré se fera sur place, dans le showroom.–> En somme, conclut Thibault Penicaut, le client ne viendra plus pour choisir sa voiture mais pour vivre une expérience.
Demande spéciale de CharlotteAuVolant : pouvoir tester la voiture pendant 3 jours et la rendre si elle ne convient pas. Comme pour les vêtements.
Pour aller plus loin
Pour vous inscrire à la première édition d’Internet Motors (22 Novembre 2016) qui vous intéressera si vous travaillez dans l’automobile, c’est par ICI





