Certes, le coupé Peugeot RCZ accuse déjà plus de cinq ans. Mais au moment où la marque au lion s’est remise au sport en renouant avec ses GTI d’antan, une saine curiosité m’a poussée à retrouver le baquet du RCZ, le coupé qui a ouvert la voie. Certes, l’auto basse de plafond était basée sur la plateforme de la 308. Pas le fabuleux châssis du modèle actuel, mais bien celui de l’ancienne. Tient t-il la rampe malgré les ans ? L’auto est elle aussi virile qu’elle le prétend ? Vérifications. Chek-up. Contact. Avec Sébastien…Dieulle qui a joué à Loeb le temps d’un essai sauvage.
Tout dans cette voiture d’exception incline au plaisir visuel. Au premier contact, la RCZ se fait câline. On s’y glisse avec plaisir pour découvrir un intérieur tout cuir (optionnel), des sièges à la planche de bord. Le design est fin, léger. S’il n’y a avait ce GPS qui dépasse, comme une excroissance, comme un objet oublié, et rajouté par les designers au dernier moment.
Derrière le volant, plus grand que sur les modèles actuels de la marque, les compteurs en métal pressé peaufinent l’ambiance générale, entre luxe et sport. Les places à l’arrière sont presque décoratives. On préférera partir à deux, mais pas besoin de se priver de bagages puisque le coupé bénéficie d’un coffre digne d’une petite compacte (321 dm3). Quand le moteur démarre, la RCZ se contente de ronronner. Le silence règne encore. On enclenche alors la première vitesse d’une boîte au maniement court qui se montrera vite très efficace. La voiture se lance, docile. Presque silencieuse, presque confortable, et dotée d’un équipement intérieur complet. Il suffit d’appuyer légèrement sur la pédale d’accélérateur pour se rendre compte que la RCZ n’a rien d’un chaton. Le moteur 1,6 THP de 200 ch, celui qui propulse la 208 GTI, mais aussi la Mini Cooper, ne demande qu’un minimum de sollicitation pour entamer son récital. Le ronronnement se change alors en rugissement dès que le régime s’emballe. Les tours montent et les basses mécaniques résonnent délicieusement. Les accélérations sont copieuses et les reprises félines. Mais c’est une impression. Car sur le papier, le 0 à 100 km/h réclame tout de même 8,2 secondes. C’est bien, mais un peu loin des rivales Megane RS ou Ford Focus ST. Elles disposent certes d’une bonne cinquantaine de chevaux supplémentaires. Mais peut-être que le joli coupé se rattrape avec un châssis plus joueur ? Halte là, madame, on est chez Peugeot. Une maison ou l’on scotche les autos par terre. Une marque ou l’on ne joue pas. Effectivement, le RCZ ne bouge pas d’un cil. Même malmené, il est serein. Un peu trop même. Les rois de la dérive, de l’inscription forcenée en virage repasseront, ou iront se jeter sur la version RCZ-R et ses 280ch. A bord de ce modèle basique, n’importe qui pourra rêver d’être dans la peau de Sébastien Loeb. Car il pardonne toutes les erreurs (pas le pilote, le coupé).
Finalement, avec sa ligne ultra sportive, ses suspensions tape-cul juste comme il faut, le coupé Peugeot vise juste. En ciblant une clientèle qui veut se faire plaisir sans en passer par les (difficiles) contraintes d’une vraie voiture de sport, comme la Megane RS, incomparable, mais qui demande de vraies notions de pilotage pour se donner pleinement à son conducteur. Un plaisir simple et accessible à tous. A tous ceux qui pourront débourser les 33 000 euros nécessaires à une seconde voiture, puisque le RCZ n’a rien de familial.
Par Sébastien Dieulle
Essai Peugeot RCZ THP 200ch








Ca donne envie de manger du lion !
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