Le marché automobile fait grise mine. Et si certaines voitures sont un succès, d’autres sont boudées. J’ai décidé de vous faire un petit passage en revue.

Quand on touche le fond de la piscine, on ne peut que remonter vers la surface. Mais le marché automobile français continue, quant à lui, à nager en eaux profondes. Après un cru 2013 détestable, le pire depuis 1997, l’année passée s’est achevée avec un tout petit sursaut de 3% à peine. Un surplace qui ne fait pas l’affaire de grand monde, même si tous les constructeurs ne sont pas logés à la même enseigne. Mais en examinant, modèles par modèles, les tops et flops de cette annus horribilis, il est néanmoins possible de dégager quelques enseignements.

Renault au top

Dans cette mauvaise passe, le losange fait mieux que surnager : il progresse. Et pas seulement de quelques centaines d’immatriculations. Renault voit ses parts de marchés en France augmenter de près de deux points à 25,4%. Grâce à qui ? A Laurens Van Den Acker. Le designer hollandais a réussi à viagratiser les autos du losange comme peu de dessinateurs l’avait fait avant lui.

Renault Clio

La Clio, lancée un an auparavant a atteint sa vitesse de croisière et devient la voiture la plus vendue en France. Même carton pour le Captur, le SUV dérivé du best-seller. Son look spectaculaire, ses possibilités de personnalisation, ses peintures bicolores, ses intérieurs fun ont séduits et Captur se retrouve propulsé à la troisième place du podium. Une première pour un Crossover. Surtout, Renault a réussi là un pari risqué : miser sur le look plutôt que sur les qualités mécaniques ou les intérieurs solides et de bonne facture, mais terriblement austères. Tout le contraire de son frère ennemi Peugeot.

Peugeot obtient la moyenne

Chez Peugeot, on fait du costaud, pas du rigolo, de l’auto sérieuse, pas du fun. Sauf que sa 208 se retrouve à la remorque de la Clio. Et son 2008, le petit SUV maison, n’atteint pas les scores du Captur. Les qualités (indéniables) de ces deux autos ne suffisent pas. Leur look passe-muraille ne séduit pas suffisamment. Peut-être la virilité des autos du Lion, plus attachées à démontrer leurs qualités mécaniques que stylistiques, est elle un repoussoir pour la clientèle féminine, majoritaire pour ces petites autos ? Heureusement, la Peugeot 308, couronnée du titre de voiture de l’année, permet elle à Peugeot de s’offrir une petite hausse, et de finir l’année avec un petit 5,3% de ventes supplémentaires par rapport à 2013.

Citroën à la peine, DS à la ramasse

C’est le dernier des trois. Malgré des lancements marquants ces derniers temps, les chevrons ne progressent que de 2,4%. C’est peu. D’autant que Citroën a commercialisé cette année sa Cactus, qui devait chambouler le marché. L’auto OVNI, mi-SUV, mi-break, mi-berline (ce qui fait trois moitiés aussi surréalistes que l’engin) a été lancé en juin, mais pour l’instant, elle n’a pas encore réussie sa percée. Surtout, l’épine dans le pied des ventes de Citroën se nomme DS. Les DS4 et DS5 sont loin de leurs objectifs, du moins en France, et la DS3 a vieilli et disparaît du radar des acheteurs et acheteuses de petites autos branchées. Le restylage 2014, constitué essentiellement d’un changement d’otiques, n’y change pas grand chose : DS, puisque c’est dorénavant une marque, plonge de 27,2%.

And the winner is Dacia

Dans ce maelström de mauvaises et de meilleures nouvelles, on peut en déduire qu’il vaut mieux soigner l’apparence de ses autos que leur mécanique. On peut aussi se dire que la crise actuelle agit plus que jamais sur le comportement des consommateurs. En témoigne la plus forte progression de 2014.

DACIA DUSTER

Car cette année, les ventes de Dacia sont en hausse de 14,1%. La marque du groupe Renault a explosé tous les records en dépassant, pour la première fois depuis son démarrage en 2007, la barre des 100 000 autos vendues en France. Quand les généralistes font grise mine, quand les premium Allemands (BMW, Mercedes, Audi) ne progressent pas de plus de 3,1%, le low cost est pimpant. Et ce n’est pas forcément la meilleure nouvelle de l’année pour l’automobile européenne.