Soyons ambitieux, le haut de gamme allemand n’est pas indétrônable !

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Sur le segment dit « H2 » des berlines de luxe, les Audi A8, BMW série 7 et Mercedes Classe S font figure de références.

Bien qu’il paraisse confidentiel, ce segment est en réalité très dynamique et regroupe des modèles conçus dans la plus pure tradition du confort (Bentley Continental Flying Spur, Rolls-Royce Phantom, Maybach) ou plus sportifs (Porsche Panamera, Maserati Quattroporte, Aston Martin Rapide).

Si l’on s’en tient aux constructeurs « généralistes », le trio allemand est notamment concurrencé par Lexus (avec sa LS) ou Jaguar (avec sa XJ). Preuve que certains constructeurs croient encore pouvoir remettre en cause l’hégémonie allemande et ils ont raison !

D’autres en revanche n’ont jamais été présents sur ce marché et se sont même retirés du segment inférieur… Renault a ainsi stoppé la production de sa VelSatis fin 2009, Peugeot celle de sa 607 à l’été 2010 et, plus récemment, Citroën a produit sa dernière C6 fin 2012.

Peugeot_607

Peugeot a stoppé la production de sa 607 à l’été 2010

Les chiffres sont même douloureux ; alors que près de 800 000 Renault 25 étaient vendues en 8 ans de carrière (de 1984 à 1992), à peine plus de 60 000 VelSatis ont trouvé preneur sur la même durée…

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Avec son design peu conventionnel, VelSatis avait l’air d’un punk dans les beaux quartiers…

Il faut dire que ces dernières berlines françaises n’ont pas bénéficié de tout le soutien qu’elles méritaient et ont eu le plus grand mal à trouver leur place dans la catégorie du haut de gamme qui se caractérise avant tout par la sobriété, l’élégance et le confort.
Avec son design peu conventionnel, VelSatis avait l’air d’un punk dans les beaux quartiers quand 607 et C6 étaient d’une froideur explicite…

Le soin apporté aux matériaux et à l’assemblage n’a par ailleurs jamais été en mesure de défier les allemandes. Et c’est sans parler des motorisations souvent mal adaptées au gabarit de ces berlines lourdes nuisant ainsi à l’agrément de conduite et au confort.

De ce point de vue, s’attaquer au haut-de-gamme allemand peut sembler extrêmement ambitieux tant son image de marque et la qualité offerte atteignent des sommets.

Mais si l’ambition ne doit pas devenir dévorante au risque de subir quelques déconvenues, abandonner ce segment constitue une double erreur :

          – Economique tout d’abord ; ces berlines permettent aux constructeurs de dégager des marges beaucoup plus élevées que le segment très concurrentiel des citadines ; il permet en outre de soutenir l’activité lorsque le marché automobile se retourne, la clientèle haut-de-gamme étant la moins affectée par la crise.

          – Stratégique enfin ; une berline haut-gamme est le reflet d’un savoir-faire qui forge une image de marque.

Le renoncement de nos constructeurs nationaux révèle un manque d’ambition et des choix stratégiques discutables.

Contrairement à eux et malgré des ventes plus que confidentielles et des rumeurs de retrait anticipé du marché, Volkswagen maintient coute que coute la production de sa Phaeton (qui gagne à être connue soit dit en passant…).

Bien qu’elle ne corresponde pas pleinement aux standards européens, la Lexus LS est quant à elle un bijou de technologies et un modèle de confort.

L’histoire automobile récente montre par ailleurs que les positions sont loin d’être figées. En témoigne la croissance d’Audi à partir du milieu des années 1990 sur un marché alors outrageusement dominé par Mercedes.

De plus, les Classe S, A8 et Série 7 ne sont pas non plus exemptes de critiques… Inutiles de rappeler que la perfection n’existe pas (nous ne nous gênerons d’ailleurs pas pour vous le prouver régulièrement dans la rubrique « l’œil critique »).

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Même avec une DS5 aux qualités indéniables, on est encore loin de la berline statutaire et de la sobriété dans le design…

Renault a pourtant toutes les cartes en main; un historique avec ses gammes Baccara (dont la première génération à la fin des années 1980 se démarquait par une présentation spécifique –couleur- et haut de gamme avec une sellerie en cuir Conolly qui équipait également Jaguar et Rolls-Royce !) puis Initiale et un savoir-faire technologique de pointe reconnu par son engagement de longue date en Formule 1 mais malheureusement largement sous-exploité. Son implantation à l’international fait toutefois largement défaut alors que les marchés émergents sont sources de débouchés pour les berlines haut de gamme.

Seul Citroën se positionne à nouveau sur un segment « luxe » avec sa gamme DS. Mais même avec une DS5 aux qualités indéniables et une déclinaison spécifique pour la marché chinois, on est encore loin de la berline statutaire et de la sobriété dans le design…

Notre « luxe à la française » est reconnu, admiré, envié par le monde entier alors pourquoi ne serions-nous pas capable de l’intégrer dans nos voitures?

Chers constructeurs, soyez ambitieux !

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