Renault : le nouveau dieselgate (pour les Nuls)

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Après Volkswagen l’an passé, voilà qu’une nouvelle affaire de diesel nauséabond avec le constructeur Renault enflamme (quoique pour le gazole, c’est pas évident) l’actu depuis deux jours. Alors pour toutes celles et ceux qui se mélangent les pinceaux entre les normes, les tricheries, ce qui est permis et ce qui ne l’est pas, voilà un petit récap des événements. Sachant bien évidemment qu’une enquête est en cours et que de nouvelles révélations pourraient surgir d’un jour à l’autre. Pas d’inquiétude : Charlotte Sherlock vous tiendra au parfum (de diesel).

Il était une fois une enquête

Tout a commencé au mois de décembre dernier, quand les limiers de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) ont ouvert une enquête. Selon l’organisme, Renault aurait truqué ses moteurs depuis plus de 25 ans. Les agents ont refilé leur dossier au Parquet de Paris qui a ouvert une enquête après avoir perquisitionné le siège du groupe. Trois juges se penchent sur l’affaire depuis le 12 janvier au motif de « tromperie sur les qualités substantielles et les contrôles effectués » en jargon juridique. En gros, l’ex-régie est accusée d’avoir berné ses clients par le biais d’homologations pipeautées, en utilisant une stratégie pour fausser les résultats des tests antipollution

Un témoignage compromettant

Pour étayer leur dossier, les magistrats et les agents de la Répression des fraudes se basent notamment sur le témoignage d’un ex-salarié. Celui ci a déclaré aux enquêteurs que « plusieurs véhicules étaient équipés de dispositifs de détection de cycle ». Des dispositifs qui permettaient à l’auto de détecter le test, de s’y adapter et de se couper en dehors de ce laps de temps. Pilepoil le même genre de subterfuge que celui utilisé, et reconnu, par VW.

Qui dit vrai, qui dit faux

Difficile de le savoir. Évidemment, les dirigeants de Renault, par la voix de son numéro 2, Thierry Bolloré, jurent leur grands dieux être innocents et n’avoir jamais utilisé de logiciel farceur. Mais d’autres avant lui ont juré, puis se sont parjurés. Reste quelques éléments troublants. Le témoin évoque dans sa déposition que le subterfuge était en place dès la première génération de Clio, sortie en 1990. Pourtant à l’époque, les tests antipollution concernant le diesel en était à la préhistoire, et à peu près n’importe quel enfumoir les passaient haut la main. Quant aux Captur, Kadjar et autres Talisman aujourd’hui incriminés, et qui polluent, pour certains modèles plus de 300% au-delà des normes admises, ce dépassement peut être lié aux tests eux-mêmes, très très en deçà des réalités constatées chaque jour sur les routes. Il suffit pour cela de faire un test simple. Puisque la pollution est liée à la consommation d’un véhicule, chacun peut vérifier la fiche technique de sa propre voiture. Et s’apercevoir qu’il est strictement impossible d’établir la même conso que celle qui est indiquée sur la fiche en roulant normalement. La fraude de Renault n’en est donc peut-être pas une, juste une gigantesque carabistouille légale pour contourner la règle. La même embrouille que celle qu’emploient tous les constructeurs : à coup d’engins dépourvus de toute option, donc plus légers. A coups, aussi, de moteurs chauds, donc moins polluants. A coups encore de scotch obstruant les arrivées d’air pour une meilleure aérodynamique. Des voitures spécialement préparées pour passer les examens d’homologation. Et toutes ces carabistouilles sont parfaitement légales, et le seront jusqu’à l’instauration de nouvelles normes de tests. Ce qui ne sauraient tarder. Mais d’ici là, l’enquête démontrera si Renault a réellement triché, ou s’il s’est contenté de tricher légalement.

1 Comment
  • Bug Danny
    mars 18, 2017

    Qui a dit que « le diesel propre ça n’existe pas, ce n’est qu’une vue de l’esprit ! » ?
    Ah, ben, c’est moi !
    Arrêtons de rouler dans ces voitures à énergie fossile qui polluent l’atmosphère de nos enfants et surtout arrêtons de les promouvoir .
    L’alternative est en route (si j’ose dire), et c’est ça dont il faut parler et convaincre le public de les utiliser.

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