Je viens de ressentir une étrange sensation. Une sorte de voyage dans le temps de 26 ans. J’ai 18 ans, je viens de réussir mon examen du permis de conduire. Je suis fier. C’est le plus beau jour de ma vie.

Grâce à mon petit papier rose, je vais enfin devenir indépendant, bouger, voyager, rouler. Sauf qu’au volant de ma visa II rouge Ferrari, je me sens bien seul. C’est la première fois que je conduis sans mon moniteur et je ne suis pas tranquille du tout. J’ai l’impression que le danger est partout et mes premiers kilomètres de conducteur légal sont bien angoissants. En somme, je me rends compte que je ne sais conduire que théoriquement et qu’il me faudra avaler un paquet de Départementales et de
Nationales pour être vraiment à l’aise.

Et bien, cette appréhension, je viens de la revivre. Aujourd’hui, j’ai conduit sans permis de conduire. Je n’ai pas eu le choix. Ma femme étant en déplacement professionnel, j’ai dû accompagner mes enfants à l’école. Comme il y a 26 ans, je me suis senti mal à l’aise, effrayé à l’idée de me faire contrôler, d’avoir un accrochage. En invalidant mon permis, l’administration m’a arraché un morceau de liberté et a produit un effet indésirable : faire de moi un conducteur stressé, donc diminué.

Alors bien sûr, je vais contester, avec l’aide d’un avocat, la régularité de ma « peine ». Sans entrer dans les détails, il s’avère que mes trois derniers points ont été retirés pour un « stationnement dangereux » daté du 30 septembre 2014 à 20h28. C’était aux alentours du Parc des Princes, pendant le match PSG-Barça, et on était plusieurs milliers ce soir-là, à être stationnés dangereusement…