Par ses temps de pénurie de carburant, il est facile de penser que tout va mal. Alors que cette grève a peut-être finalement des bons côtés. Je vous propose de voir le réservoir à moitié plein plutôt qu’à moitié vide. Car dans tout malheur, il faut savoir tirer le bon jerrican de la pompe asséchée. Et profitons en pour siphonner un bon cours de morale de cette situation paradoxale.

Pénurie pétrole

Pénurie d’essence : la morale de la panne sèche

1/ La découverte du plaisir de faire le plein. Au fond, c’est quelque chose que nous ne connaissions pas. Effectivement, après une bonne heure de queue, (durant laquelle on a réécoutée cette chanson oubliée à la radio, celle la-même qui nous faisait fondre il y a, disons, quelques années) arrive enfin notre tour. Le plein effectué, à des tarifs que même le whisky n’avait pas atteint à Chicago pendant la prohibition, on remonte en voiture pour admirer l’aiguille de la jauge remonter gaillardement vers le F. Et l’on se sent divinement bien.

Morale numéro 1 : Faire le plein n’est pas un droit acquis et naturel. C’est un privilège.

2/ Le droit de faire un bras d’honneur (intérieur ou pas) à ceux qui nous succèdent à la pompe et qui, eux, n’auront peut-être pas la chance d’avoir, comme nous, la moindre goutte de carburant. (Plaisir mesquin, je le concède. Mais chambrer les autres est l’occasion d’être heureux).

Morale numéro 2 : le malheur de la panne sèche des uns fait le bonheur ravitaillé des autres

3/ La fierté de rouler en Nissan Leaf ou autre auto électrique avec un air snob et une conscience écologique au beau fixe. Pour une fois qu’elles ont le beau rôle : stop à la soumission au pétrole. D’ailleurs Nissan a eu le nez particulièrement creux en envoyant de jeunes gens en Leaf proposer l’essai de l’auto, pendant que l’un d’entre eux gardait la voiture de l’essayeur et avançait dans la queue à sa place.

Morale numéro 3 : la CGT fait plus pour le développement des voitures vertes que la COP21 

4/ La possibilité de découvrir la névrose des Français qui se ruent sur les stations essence pour ne pas être pris au dépourvu, lorsqu’ils ne siphonnent pas purement et simplement le réservoir du voisin. L’occasion de faire un peu d’ethnologie in vivo et de se rendre compte que l’automobiliste est un loup pour l’automobiliste.

Morale numéro 4 : Nous qui nous croyions à l’abri des temps barbares. Il a suffit d’une pénurie de trois jours pour voir revenir des réflexes obscurantistes.

4 COMMENTS

  1. Ca porte malheur le vert 😉
    Plus sérieusement, cette photo a été prise à l’arrache avec un iphone pour faire un clin d’oeil à l’actu 😉
    Bravo pour votre oeil en tout cas.
    Et, en effet, seule l’essence comble la MX 5

  2. « 3/ La fierté de rouler en Nissan Leaf ou autre auto électrique »
    … et de montrer que la voiture électrique pour les trajets » Boulot-écoles-courses-loisirs » du quotidiens, est la voiture idéale qui fait le plein toute seule, la nuit !

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