J’ai pris un coup de vieux en prenant connaissance des résultats de la nouvelle étude de Mobivia Groupe sur les 6 grandes tendances en matière de mobilité chez les jeunes. De « mon temps », on ne se posait pas beaucoup de questions. La mobilité se résumait à une seule question existentielle : vais-je prendre ma mobylette pour aller à la salle de sport ou papa va-t-il me prêter sa voiture ?

Mais ça, c’était avant… L’état des lieux a bien changé et les jeunes envisagent la mobilité bien autrement. Ils ont font vraiment quelque chose d’intéressant, de pratique, d’efficace et d’ouvert. Les jeunes veulent être libres et sans frontière ! Surtout, pour fuir les bouchons et toute forme d’inaction, ils développent de nouvelles astuces comme le co-voiturage ou s’inspirent de la navigation internet.

On est « jeune » jusqu’à 28 ans !

Attention : le “jeune” n’est pas le même aujourd’hui qu’il y a quelques années : allongement de la durée des études, nidification plus tardive, insertion sur le marché de l’emploi plus difficile …. On estime aujourd’hui qu’un individu est jeune jusqu’à 28 ans en moyenne, contre 20 ans en 1975. On utilise donc le terme de « jeune adulte » pour les individus situés entre 20 et 30 ans.

Aujourd’hui, la mobilité est un principe de vie. Ainsi, elle peut être :

• géographique : ouverture des horizons à l’étranger
• professionnelle : recherche d’un travail hors de son pays
• scolaire : parcours d’études à l’étranger
• physique : les jeunes renouent avec leur corps, et s’expriment par le mouvement

Une mobilité plus fluide, plus flexible et plus opportuniste

Grâce aux avancées technologiques, la mobilité n’est plus protéiforme : la nouvelle génération crée ses propres pratiques dans un environnement voulu plus fluide, plus flexible et plus opportuniste.

1/ Les jeunes bougent pour préserver leur corps. Pas question de rester inactif ou dans des bouchons au volant de sa voiture : préserver un corps mobile en pleine santé redevient un impératif dans des sociétés centrées sur l’individu et ses agilités.

2/ Les jeunes “switchent” en permanence leurs besoins de mobilité. Les jeunes veulent avoir sur le champ des informations pour éviter de perdre du temps dans les transports. L’accès à l’immédiateté de l’information rendu possible grâce aux nouvelles technologies a provoqué une nouvelle exigence de fluidité permanente dans la vie des jeunes.

3/ Les jeunes souhaitent pouvoir naviguer à la manière du navigateur Internet : rapidement, sans contrainte et avec une totale liberté !

4/Les jeunes facilitent leur propre mobilité grâce au mode collaboratif. Les jeunes sont de plus en plus débrouillards et évoluent vers un modèle sociétal hybride, émancipé des hiérarchies établies. Ainsi, les systèmes de partage collaboratif moyennant paiement ou non permettant à chacun de trouver un intérêt individuel, s’étend à tous les domaines de la vie.

5/ Les jeunes partent en quête de territoires inexplorés, et refusent les limites. Chez les jeunes émerge une nouvelle forme de mobilité créative et expérimentale mêlant réel et virtuel, où les individus partent en quête de territoires inexplorés, s’appropriant l’espace urbain comme une nouvelle aire d’exploration et de jeu. Les phénomènes de flash mob ou de Harlem Shake en sont une bonne illustration.

5/Les jeunes développent une mobilité relationnelle et connectée. Le déplacement est un moyen de socialisation d’autant qu’il est plus partagé (transports en commun, covoiturage, etc). Ainsi, on se géolocalise mais nul besoin de se voir pour se socialiser. Le fait de se déplacer géographiquement a de moins en moins d’intérêt. L’enjeu de la mobilité n’est plus un nomadisme géophysique, mais relationnel et existentiel. La communication est l’élément central de cette mobilité.