On va en faire des tonnes tout au long de cette journée du 8 mars. On peut s’en exaspérer, mais au moins, cette Journée internationale de lutte pour les droits des femmes permet de remettre au centre de l’actualité les disparités que nous les filles, subissons encore et toujours tous les autres jours de l’année. Comme les 20% de salaire en moins entre les femmes et les hommes à poste et expérience équivalents. Ou encore le fait que les tâches ménagères sont toujours effectuées par les femmes, dans 80% des foyers. Ce machisme rampant, même s’il est en baisse, touche tous les domaines.

L’automobile : un secteur de mecs par excellence

Et l’automobile en est encore et toujours l’exemple le plus flagrant. Car voilà un secteur de mecs par excellence. Les femmes au volant sont toujours synonymes de mort au tournant dans la tête de quelques croulants et les filles sont toujours cantonnées au siège passager dans de nombreuses têtes restées scotchées au début d’un autre siècle. Il suffit de jeter un œil à quelques stands du salon de Genève qui se tient ces temps-ci en Suisse pour se rendre compte qu’une gonzesse a sa place dans l’auto lorsqu’elle est alanguie sur un capot, mais pas derrière un volant. Et pourtant. La moitié des filles conduisent, elles sont presque autant à acheter elles-mêmes une voiture. Et dans la plupart des cas, elles sont prescriptrices lors de l’achat de la voiture principale. Et pour cause : ce sont souvent elles qui l’utilisent. Pour de mauvaises raisons d’ailleurs : ce sont les filles, sauf exception, qui trimbalent les bambins de la crèche à l’école, en passant par le collège ou le tennis. A elles donc les monospaces hier et les SUV aujourd’hui. Et au mari, la Mini ou autre citadine agile qui se faufile.

–> Retrouve moi dans le 52 mn de Téva cet été sur le thème du sexisme au volant

Tant d’évidences devraient être mises en avant par les médias, surtout dans la tonne de littérature papier ou en ligne spécialisée publiée. Mais combien de magazines et sites auto sont aujourd’hui dirigés par des filles ? Aucun. Combien d’essayeuses dans ces mêmes organes ? Elles se comptent sur les doigts d’une seule main. Les autres rares journalistes auto au féminin sont cantonnées aux rubriques économiques ou nouveautés. Même le site Auféminin.com, qui dispose d’une rubrique auto, l’a confiée à un homme. On retrouve cette raréfaction dans toute l’industrie ou, selon le rapport Jouanno publié en octobre dernier, 78% des emplois de la branche sont occupés par des mecs…

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