Gagner de l’argent avec sa voiture, même lorsqu’elle ne roule pas. Telle est l’idée des sites Internet d’auto partage. Transporter des passagers payants, louer sa propre auto à un particulier lorsqu’elle est à la maison, à la gare ou à l’aéroport : les solutions se multiplient.

Drivy

Le phénomène explose depuis cinq ans et un simple chiffre, énorme, en explique la raison. Selon le Certu (centre d’études et de recherches sur les transports et l’urbanisme), dans les grandes agglomérations, les voitures restent immobiles 95% du temps. Un temps pendant lequel elles dorment au domicile de leur propriétaire, ou à son travail. Évidemment, dans les petites villes ou à la campagne, on roule plus. Pour autant, l’immobilisme y reste très majoritaire. Quelques entrepreneurs malins ont donc eu l’idée de permettre à chacun de rentabiliser le temps perdu en développant les solutions de location entre particuliers. Ils sont une dizaine à avoir pignon sur le Web et toutes ces plates-formes offrent le même type de service : elles prennent en charge la voiture, l’assurent, la louent à d’autres particuliers et reversent au propriétaire le montant de la location. Évidemment, l’affaire est bonne pour toutes les parties. Le propriétaire gagne (un peu) d’argent, le locataire fait de (substantielles) économies par rapport à une location classique et le site Internet se rémunère en prélevant une commission sur le prix de la location. Il prend également en charge le prix de l’assurance couvrant le locataire. Et ca marche : Drivy, le leader du secteur revendique 400 000 utilisateurs dans près d’une quarantaine de villes françaises, dont Nice, et vient de racheter son concurrent Buzzcar.

Une idée qui marche se doit d’être déclinée. C’est ce que d’autres startups se sont employées à faire. En s’attaquant à ce qui fâche tous les grands voyageurs : les prix prohibitifs pratiqués par les parkings de gares et d’aéroport. Grâce à Carsonar, Tripndrive et Carnomise, il suffit de laisser sa voiture avant de décoller ou de monter dans le train. Les agents de ces drôles de loueurs la prennent en charge et en assurent la location, pour une durée de 2 jours au minimum. Au retour, non seulement l’heureux propriétaire aura économisé le prix du parking, mais il pourra récupérer les subsides de la location de son engin. Tripndrive vient d’ailleurs d’ouvrir une agence à la gare de Nice.

Blablacar

Les solutions existent pour rentabiliser sa voiture lorsqu’elle ne roule pas. Mais lorsque l’on conduit, c’est possible aussi. La preuve par Blablacar, ou plutôt Cocoricocar, puisque le site français est le leader mondial du genre avec 10 millions d’utilisateurs à travers la planète. Le système consiste à embarquer des passagers payants, et préalablement inscrits sur le site, ou ils règlent une certaine somme en fonction du trajet. Pour le propriétaire de la voiture, c’est un moyen de diviser par deux le prix de son voyage, en moyenne (carburant et péage compris), en embarquant deux personnes. Une forme d’auto-stop lucratif. Et un moyen de faire baisser son budget auto, comme toutes ces nouvelles solutions. Car si on les appelle joliment « auto partage », ce sont surtout des « autos monétisations ».