Depuis le début de la saison, le classement est chamboulé. Une révolution qui est peut-être liée à la nouvelle réglementation destinée à lutter contre le « dirty air » créée par les appuis aérodynamique des Formule 1. Une bonne idée au départ qui chamboule la grille à l’arrivée. 

Mais que se passe t-il donc au royaume de la F1 ? Car voilà un monde que l’on croyait immuable. Un monde ou Lewis Hamilton dominait tout le monde et où seul Max Verstappen était susceptible de ravir sa couronne au pilote (et gravure de mode) anglais, comme il l’a fait l’an passé.

Pourtant, depuis le début de saison 2022, rien ne va plus. Le classement est bousculé. Verstappen, tenant du titre, a abandonné lors du Grand Prix d’Australie le 10 avril dernier, après avoir une première fois jeté l’éponge lors du premier grand prix de la saison. Le septuple champion du monde Lewis Hamilton, se hisse difficilement à la quatrième place après trois courses.

Évidemment, les deux hommes comptent bien se refaire lors du grand prix de San Marin qui va se courir ce week-end sur le mythique circuit d’Imola en Italie. Pourtant, à observer le classement tel qu’il est établi un peu plus d’un mois après le début du championnat, il souffle comme un air de jeunesse sur les paddocks. Non pas que nos deux héros soient grabataires (Verstappen n’a que 25 ans et Hamilton 37). Mais depuis le début de la saison, de nouveaux venus bousculent ces pilotes bien établis. Charles Leclerc, Carlos Sainz Jr, Sergio Perez et George Russel sont plus que présents : ils marquent des points, gagnent des grands prix et bousculent les tauliers en titre qu’ils devancent au championnat.

F1 : le phénomène dirty air

Baisse de forme des champions du monde ? Mauvais millésime pour leur Red Bull et Mercedes ? Il y a certainement de cela, mais peut-être qu’un autre facteur vient bousculer  la hiérarchie traditionnelle : c’est le nouveau règlement entré en vigueur en début de saison. Depuis des années, les pilotes et les ingénieurs se plagnaient d’un drôle de phénomène baptisé le « dirty air ». Cet « air sale » se formait derrière les bolides. Il était produit par les appuis aérodynamiques en virage. En passant par les appendices prévus sur les F1 pour les coller au sol, cet air formait des vortex susceptibles de déstabiliser les autos qui les suivaient de trop près. D’où les difficultés de dépassement, et le piètre intérêt des courses. CQFD.

Qu’à cela ne tienne, la FIA a décidé de réagir pour relancer l’intérêt de la F1. Les appendices créateurs d’air sale sont désormais interdis. Résultat : les dépassements en virage sont moins délicats. Mais il y a un revers à cette médialle du spectacle retrouvé. Les autos semblent plus difficiles à maîtriser qu’auparavant, lorsqu’elles ne sont pas soumis à l’air (qui est doinc moins sale qu’auparavant) de la voiture qui les précèdent. Le gain obtenu durant cette période de rapprochement puis de dépassement est donc gommé le reste du temps, puisque les monoplaces bénéficient de moins d’appui aérodynamique.

Cette nouvelle difficulté, les pilotes rookies, semblent l’apprivoiser, les anciens peut-être un peu moins. L’ancien pilote Marc Surer, dont l’expertise est toujours précieuse, a un avis sur la question. Pour lui, « les jeunes comme Russel ont pris l’habitude de voitures difficiles à piloter, la nouvelle règlementation ne leur pose donc pas trop de problème, à l’inverse de pilotes aguerris comme Hamilton, habitués à des autos parfaites ».  

Quand les années de galère sont loin, les grands champions s’endorment sur leurs lauriers, et leurs appuis aérodynamiques.