Marre des SUV ? Assez des camionnettes des familles ? Il y en a plein les rues. C’est dire de quel escarpin léger et vengeur je me suis approchée de ce nouveau Kia Sportage. « Ah mais pas du tout, me dit l’homme de la marque. Nous, on est un des précurseurs du genre ». C’est çà, et moi je suis la reine des neiges. Sauf que, après vérification, le garçon avait tout bonnement raison : l’engin sévit chez nous depuis 1993 et en est à sa quatrième génération. Pas calmée pour autant, je m’approche de la bête. C’est vrai qu’avec son look qui louche (un peu) sur le Porsche Macan et son intérieur sobre comme un moine cistercien, il m’amadoue quelque peu. Ce dessin pas commun est signé Peter Shreyer et l’on comprend mieux le succès du précédent Sportage qu’il avait déjà croqué. C’est que l’homme est un transfuge de chez Audi pour qui il avait dessiné le premier Coupé TT.
Au volant du Kia Sportage
Ca colle peut-être pour l’enveloppe, mais c’est au volant que tous les défauts de ces autos hautes sur pattes me sautent généralement aux yeux. Alors, contact. Le diesel 136 ch de ce Kia n’est pas le seul bloc dispo, mais il devrait être le plus vendu. Et il le vaut bien. Sa boite manuelle 6 vitesses arrache honnêtement les près d’1,7 tonnes de l’auto. Mais les gros défauts de ces bestiaux sont souvent cachés sous leurs soubassements : des suspensions dépassées par les évènements qui font plonger les SUV au premier virage. On ne va pas se mentir, le Sportage n’est pas un tapis volant, mais il se comporte très honnêtement.
Habitacle spacieux
De toute façon, quand les mamans forcent les papas à débourser plus de 30 000 euros (en moyenne) pour s’offrir un crossover, ce n’est pas pour attaquer la spéciale du Turini. Elles veulent du confort, du silence et de la place à revendre. Et à bord de ce coréen nouveau, elles en ont plus que de raison. La banquette arrière est large comme un paquebot, et en plus elle coulisse. Quant au coffre, avec 503L, il est largement au dessus de la moyenne de ces copains. Mais ces clients qui ne veulent pas se baisser pour entrer dans leur auto, ces fainéants, veulent aussi, à ce prix là, de l’équipemen, en veux tu en voilà. Et ils en ont pour leur argent. C’est simple, on se demande à quoi sert le catalogue des options tellement la version de série GT-Line est complète. Je vous épargne la liste des grigris électroniques embarqués car on y serait encore dans une semaine. Mais sachez qu’il y a tout et plus encore. Ajoutez à ces qualités, les 7 ans de garantie habituelles du coréen, et vous aurez toutes les raisons de craquer.
Sauf que Kia aura fort à faire pour placer son très réussi nouveau modèle. Car le temps où il se battait seulement avec son cousin Hyundai, dont le Tucson a les mêmes bases métalliques, et le Nissan Qashqai, est révolu. Il y a quelques mois, Renault est arrivé avec son Kadjar qui, en moins d’un an a déjà raflé 20% de parts de ce gros marché. Ne laissant à tous les autres que des miettes pour subsister. Même si ces miettes coréennes sont plutôt alléchantes.
Kia Sportage 1.7 CRDI – diesel 136ch – boite manuelle 6 vitesses – 32 700 euros (bonus – malus neutre)







C’est quand même dommage que sur la majorité des SUV, les intérieurs soient si tristes ! Designer transfuge de Audi ? Ca se voit…
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