Comme on ne dit plus « mademoiselle » (j’en pleure tous les jours en me sentant définitivement vieille lorsqu’on m’appelle « madame »), on ne dira plus « voiture propre« . Mais cette fois, ça me va. Ce terme donnait l’impression qu’il y avait d’un côté les autos parfaites, vertueuses, pas polluantes pour un sou, et de l’autre les véhicules sales, diaboliques, responsables de tous les maux. On pouvait même jusqu’ici, considérer qu’une vieille guimbarde était propre après un petit coup de Kärcher. Trop simple. Trop injuste. Les constructeurs faisaient la tête. Les militants écolo aussi. En effet, une auto ne peut, par essence (sans jeu de mot), être « propre ».

A la place de « voiture propre », on n’utilisera donc pas non plus les termes de :

– « Auto qui ne pue pas »

– « Voiture qui coûte une blinde et s’arrête au bout de 120km »

L’Assemblée Nationale a proposé plus propre (et plus sérieux) que cela. La semaine dernière, les députés ont décidé de ne plus parler de « voiture propre » ni de « voiture sobre » ou de « voiture écologique », mais de « véhicule à faibles émissions » ou de « véhicule à très faibles émissions ».

L’intérêt de définir la notion de voiture propre

D’après Ségolène Royal, notre Ministre de l’écologie, l’expression « véhicules à très faibles émissions » devrait être réservée aux véhicules 100 % électriques. L’expression « à faibles émissions » concernera les véhicules émettant moins de 95 g/km de CO2, 60 mg d’oxydes d’azote (NOx) par kilomètre et 1 mg de particules par kilomètre.

Vous me direz que nos députés ne sont pas des académiciens en habits verts payés pour gloser ad vitam aeternam sur le sens des mots. Sauf que dans ce cas précis, l’expression juste se justifie. Car il en va du portefeuille des acheteurs de voitures, et de leur possibilité de rouler, ou pas. Car selon le degré de propreté de leur auto, ils bénéficient d’un bonus plus ou moins conséquent, qui pourrait bien être révisé par la prochaine loi de transition énergétique. Ils pourront aussi se faire interdire l’accès à certaines zones des grandes villes. D’où le double intérêt de mieux définir la notion de voiture propre.

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