Si ce n’est pas encore le cas, c’est en bonne voie. Après une recommandation du CNSR (comité national pour la sécurité routière) la semaine passée, c’est désormais au tour du premier ministre de se déclarer favorable à la limitation de la vitesse à 80km/h sur les voies sans séparation centrale. C’est à dire sur l’ensemble du réseau secondaire.
Edouard Philippe favorable à la limitation à 80km/h sur les routes nationales et départementales
Edouard Philippe a beau avoir évoqué le sujet « à titre personnel » hier matin au cours d’un déplacement en Seine Et Marne, il paraît difficilement concevable qu’il soit déjugé au cours de la réunion interministérielle fixée à la mi-janvier et qui devrait entériner un nouveau train de mesures en matières de sécurité routière, dont, très certainement cette limitation de vitesse. D’autant que la hausse de la mortalité sur les routes de 8,9% au mois de novembre est un argument supplémentaire pour faciliter cette décision.
Sécurité routière : abaisser la vitesse à 80km/h est-elle judicieuse?
Oui, si l’on part du principe, totalement vérifié, que toutes les mesures répressives instaurées depuis 1973 (limitations de la vitesse, port de la ceinture, permis à points, instauration des radars, etc) ont permis de réduire le nombre de morts de plus de 16 000 à l’époque, à près de 3 000 aujourd’hui. Il convient également de noter que la plupart des spécialistes s’accordent sur le relâchement qui s’opère sur la route lorsqu’une mesure est trop datée, trop ancienne, et trop acceptée. Dans ce cas, la vitesse moyenne augmente et le nombre de morts aussi. De même, il établit qu’un choc à 80km/h est moins violent qu’à 90. Une évidence.
80km/h : une fausse bonne idée
Pour autant, cette nouvelle mesure qui a été testée dans plusieurs départements et durant plusieurs mois, n’a pas prouvée son efficacité véritable. Puisque les tests n’ont jamais étés publiés. En outre, sa mise en application risque de poser des problèmes aux forces de l’ordre, accaparés par les contrôles routiers sur les grands axes, et toujours en sous-effectifs. Par ailleurs, la moindre pollution engendrée par une baisse de la vitesse de 10 petits km n’est pas prouvée elle non plus. Évidemment, une étude réalisée par l’université de Lyon a déterminé que le rendement optimal d’un moteur thermique, et donc sa consommation minimum, s’établit entre 60 et 80 km/h. Encore faut-il qu’il soit mené au régime optimal et sur une infrastructure optimale elle aussi. Ce qui n’est pas toujours le cas. Toujours est-il que cette mesure fera au moins quelques heureux : les gérants des sociétés d’autoroute, ravis d’accueillir de nouveaux automobilistes souhaitant rouler à 130 km/h.
Photo de Une : L’Yonne républicaine



