Pas évident d’être responsable au volant quand, dans le même temps, on nous déresponsabilise. Tout a commencé il y a une vingtaine d’années avec le GPS. Car si l’engin qui nous indique le chemin a toutes les qualités (temps gagné, consommation de carburant optimisé, et donc argent économisé), il a un unique mais énorme défaut : il semble pouvoir décharger complètement les conducteurs des tâches de positionnement et navigation. « Tournez à gauche. Faites demi tour ». En écoutant la voix masculine ou féminine de notre Global Positioning System, l’automobiliste a commencé à se reposer sur ses lauriers et à oublier ses cours de cartographie. Certains automobilistes ont piqué du nez dans un lac ou se sont retrouvés dans un champ en suivant à la lettre, sans réfléchir, leur GPS.

Le mirage de la voiture autonome aspire nos derniers neurones

Je passe rapidement sur les limitations de vitesse (surtout sur l’autoroute) qui, à mon avis, nous ont fait perdre en concentration et en réflexe. Idem pour les bip et les caméras de recul de nos autos (pire : le stationnement automatique) qui nous prive du savoir-faire des créneaux. Que dire de l’utilisation des appareils connectés qui nous distraient affreusement : sms, selfie au volant…
Un autre phénomène vient décérébrer définitivement l’automobiliste : la philosophie de la voiture autonome. Cette dernière nous délivre un message fort « Ne vous occupez plus de rien, je gère tout mieux que vous puisque vous ne pouvez plus avoir d’accident« . Malheureusement, l’accident mortel qui s’est produit récemment en Tesla montre que se relâcher au volant n’est pas une bonne idée. L’heure n’est pas encore venue pour les robots de supplanter les hommes au volant. Même si la Tesla en question n’est pas une voiture autonome, simplement une voiture qui dispose, comme un avion, d’un pilote automatique, qu’il faut savoir manier avec précision, et surtout, pouvoir stopper à tout moment.

Les accidents liés à l’inattention sur l’autoroute en forte hausse

Pourtant l’image qui se propage ces derniers temps est celle d’une auto « salon roulant » dans lequel on pourrait surfer sur le web sans regarder la route. Le futur veut s’incruster trop tôt dans la réalité routière. Et surtout dans la tête des conducteurs. Une récente étude de l’AFSA (association française des sociétés d’autoroutes) le prouve. Depuis 5 ans, le nombre d’accidents liés à un défaut d’attention est en très forte hausse et représente désormais 17 % du total des accidents sur autoroute, à des heures de fréquentation importante. L’inattention au volant est devenue bien plus dangereuse qu’un excès de vitesse. La faute à qui ? Aux constructeurs qui devraient innover plus en dix ans qu’ils ne l’ont fait ces cent dernières années ? Ou la faute aux conducteurs qui pensent que demain c’est aujourd’hui ? Peut être que ces derniers pensent que le règne de la voiture qui roule toute seule est déjà entamé. Peut-être que les constructeurs, à force de vanter les mérites de leurs progrès ne les avertissent pas assez. Une auto se conduit à deux mains, une tête et deux pieds, hier comme maintenant. La voiture totalement autonome, chez Tesla ou ailleurs, ce n’est pas pour tout de suite. Sur qu’un jour, elles seront sûres. Plus sûres que le meilleur des pilotes. Ce jour-là, on vous préviendra.

3 COMMENTS

  1. Petite précision :
    Ne pas confondre GPS, système de géo-localisation, et application / système de navigation, qui affiche la route à suivre.
    Le GPS, Global Positioning System, n’a pas de voix féminine ou masculine.
    Les applications / systèmes de navigation (Tomtom, Waze, Google Maps …) affichent la route à suivre en utilisant les informations données par le GPS qui les équipe. Ils ont une voix…
    Cf. https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Global_Positioning_System

  2. A mon avis, le problème principal provient de l’utilisation du téléphone portable en voiture (Recherche de contact, GPS, SMS, Facebook, Musique …) qui est totalement inadaptée et devrait être interdite dès lors qu’elle demande au conducteur de toucher son téléphone ou de détourner sa vue de la route (c’est le cas quand on recherche sa chanson préférée ou l’adresse d’un contact).
    Quand on place son smartphone en mode paysage mais que l’application utilisée reste en mode portrait (pas prévue pour le mode paysage), c’est très mauvais signe !!
    Les conducteurs devraient se discipliner et limiter l’utilisation de leur téléphone à des tâches basiques (téléphoner en main libre) mais le smartphone est un outil tellement riche qu’ils ont du mal à résister…

  3. Quand je suis dans un taxi, je ne me sens pas « lobotomisé ». Je confie simplement la conduite à un tiers. Il se fait que dans le cas des véhicules autonomes, ils ne sont pas encore au point mais surtout ils doivent interagir avec des humains qui eux sont imprévisibles. Leur liberté leur donne la possibilité de dépasser le cadre, les limites, ce que ne fait pas une machine. Je ne suis pas là pour défendre la voiture autonome mais je trouve qu’on a plus intérêt à trouver ce qui pourrait nous faciliter la tâche plutôt que de tirer à boulets rouges sur des technologies qui ne sont pas encore finalisées. Lisez un minimum la doc de ces véhicules. Ils précisent très clairement que les conducteurs doivent rester vigilants à tout instant. D’ailleurs, la réflexion porte sur le comportement du conducteur lors de cette conduite assistée. In fine, c’est bien le conducteur qui choisira. Pour beaucoup, conduire reste un plaisir. Pour d’autres, c’est juste un moyen de locomotion et une perte de temps qui pourrait être utilisé autrement. Jadis, l’école nous faisait apprendre par coeur l’histoire et tant d’autres matières. L’ordinateur a permis de libérer ce temps à autre chose et notamment la réflexion. Nous ne sommes pas tous devenus des décérébrés que je sache.

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