Jaguar XE : la plus belle voiture de l’année. La nostalgie a gagné

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Attention, la Jaguar XE n’est pas la voiture de l’année. Mais la plus belle voiture de l’année. Nuance. Car si le premier prix, qui sera remis début mars par un jury de pros fait beaucoup parler de lui, le second, remis hier soir, fruit d’une élection à laquelle tout le monde peut participer, est plus confidentiel. Car il en va des trophées automobiles comme de la littérature : les victoires couronnées par des lecteurs (ou des conducteurs) sont moins prestigieuses que celles décernées par les professionnels de la profession. Et le prix du jury du livre Inter ou des lectrices de Elle ne valent pas un bon Goncourt. Quoi qu’il en soit, et quelle que soit l’ingratitude de la situation, plus d’un million de passionnés se sont précipités sur le site (lien) du festival de l’automobile pour désigner leur chouchoute. Et c’est donc l’Indo-britannique Jaguar XE (la marque, comme sa cousine Land Rover est au mains du groupe Tata) qui a ramassé le gros lot. La nouvelle berline premium qui doit rivaliser en taille et en tarif avec les BMW Série 3, Mercedes C et au autres Audi A4 a gagné en finale face à la Mazda MX5, Mercedes Classe C break, justement, et Fiat 500X.

Plus belle voiture de l'année

Et le moins que l’on puisse déduire de ces choix, c’est qu’ils écartent toute velléité d’innovation en termes de design. Toutes ces autos, pour très réussi que soit leur dessin, ont tendance à lorgner dans le rétroviseur. Le roadster Mazda revisite habilement les codes de la voiture de sport italienne des années 60, alors que le petit SUV Fiat tente de se raccrocher à la petite 500 de la même époque. Quant au break Mercedes, avec ses courbes plutôt harmonieuses, il ne fait que laisser perdurer un style maison qui, depuis toujours tente le grand écart entre un sérieux germanique et un dynamisme revendiqué. Même si, sur ce modèle, cette équation compliquée est particulièrement réussie. La gagnante, elle, louche aussi sur son passé maison, celui de sa berline MKII, en s’essayant à nouveau à la berline sportive. L’ensemble est cohérent, avec un avant plutôt agressif, une calandre qui semble crier « ôtes toi de là que je m’y mette » et des feux effilés. Son profil est homogène, si tant est que l’on puisse réinventer un engin tricorps. Mais c’est une voiture classique et c’est bien cela que les électeurs ont souhaité. Une voiture, comme ses concurrentes finalistes, qui les fait rêver. A quoi ? A un âge d’or de l’automobile. Un âge d’or de la société toute entière. Des trente glorieuses qu’ils ont connu, ou pas. Qu’ils ont vécu, ou qu’on leur a raconté. Un temps ou tout allait mieux. Alors, ils ont rejeté l’innovation, celle de l’Opel Adam Rocks, de la Citroën Cactus ou du nouveau Renault Espace en lice au départ, pour se retrouver sur des terres connues. Et des codes stylistiques éprouvés. Si les designers entendent le message de ces internautes électeurs, on est loin d’en avoir fini avec le style néo-rétro qui sévit depuis quelques années.

1 Comment
  • Julien Cormery
    janvier 28, 2015

    Excellente analyse. En même temps, en termes d’innovation pure, le choix était plutôt restreint cette année.

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