On croyait que cette discrimination appartenait au siècle dernier. Que l’adage teinté de sexisme « femme au volant mort au tournant » était réservé aux fins de banquets avinés d’un autre temps. Mais pas vraiment. Il résiste, même parmi ceux qui sont aux premières loges pour s’apercevoir qu’il est stupide : les inspecteurs du permis de conduire. Selon un rapport présidé par l’ex-ministre et sénatrice UDI Chantal Jouanno qui réunit également d’autres élus du Luxembourg, le taux de réussite au permis de conduire des filles serait inférieur de 10 points par rapport à celui de garçons. La faute à qui, ou à quoi plutôt ?  A des préjugés parfois inconscients de la part des inspecteurs, souvent des hommes. Et pour les pourfendre, ces préjugés, la sénatrice envoie des chiffres qui ne font pas dans la demi mesure. Les accidents mortels impliquant l’alcool ? 92% sont le fait des hommes. Le sexe des condamnés pour des affaires d’homicides au cours des accidents de la route ? Masculin, dans 83% des cas. Et pourtant, les femmes n’ont toujours rien à faire derrière un volant, selon certains esprits ringardissimes. Ni dans l’industrie automobile, selon les mêmes. Résultat : elles ne sont que 22% à travailler dans le secteur. Alors, le comité qui a planché sur ce rapport a décidé de faire quelques recommandations qui seront, ou pas, suivies d’effets. En commençant par demander à l’Etat d’intégrer dans la formation des inspecteurs du permis et dans celle des enseignants à la conduite, des cours relatifs à ces stéréotypes.

Femmes et voiture : la fin de la femme objet ?

sexisme
Des filles magnifiques, même si elles ne sont pas à moitié nues

Évangéliser les professionnels est une chose, éduquer le grand public en est une autre, peut être plus difficile encore. Pour y parvenir, la sénatrice a demandé aux salons automobiles, « le recrutement à parité d’hôtes et d’hôtesses, ainsi que le port de tenues vestimentaires qui réduisent pas la femme à un rôle de faire-valoir des voitures exposées ». Une demande qui tombe à pic au moment où se tient le Mondial de l’Automobile, à la Porte de Versailles à Paris jusqu’au 10 octobre prochain. Jean-Claude Girot, le nouveau patron du salon a saisi la balle au bond en demandant à ses exposants de se rallier au panache de Chantal Jouanno. Il a été entendu, du moins par les marques présentes dans le hall 1 qui ont, globalement, joué le jeu en imposant le look pantalon et chaussures plates et robes évasées tennis. Les stilettos sont remplacés par des baskets et de (beaux) garçons cohabitent avec des filles magnifiques, même si elles ne sont pas à moitié nues. Évidemment, le message n’est pas toujours parvenu jusqu’aux halls plus éloignés et chez certains importateurs, mais on n’achève pas des siècles de sexisme en un seul salon de l’auto.

Exemple de propos sexistes reçus par une hôtesse :

« Une fois, il y en a un qui m’a dit : « est-ce que tu es aussi chaude que le moteur ? »… Une autre fois, c’était « est-ce que vous pouvez monter sur n’importe quel châssis ? » »